1896 – Suites judiciaires de l’accident de Laguépie (82)

Le Mémorial de Gaillac, 14 mars 1896 page 2/4



Le Mémorial de Gaillac, 28 mars 1896, page 1/4
Le tamponnement de Laguépie


L’affaire du tamponnement de Laguépie est venue la semaine dernière devant le Tribunal correctionnel de Gaillac. L’abondance des matières ne nous avait pas permis d’en donner samedi le compte rendu. Nous le faisons aujourd’hui en donnant la décision du Tribunal.
Après une laborieuse instruction, qui fait honneur à l’intelligent magistrat qui en a été chargé, les débats sont ouverts et l’heure est venue de juger les responsabilités. On connaît les faits et les causes de l’accident, nous n’y reviendrons pas.
Les prévenus sont nombreux, leur culpabilité est inégale et l’affaire se présente avec des difficultés réelles pour le Ministère public et pour les défenseurs.
Au banc de la défense, sont assis : MM. DELBREIL, DUBRUEL et CAPDEPIC, des maîtres du barreau de Gaillac, de Villefranche et de Montauban. Le siège du ministère public est occupé par le nouveau juge suppléant, M. CAUBET.
L’interrogatoire des témoins et des prévenus est dirigé avec un soin scrupuleux par notre sympathique président, M. BONNANS ; les questions sont posées avec un tact parfait, sans autre préoccupation que celle de faire jaillir la vérité des débats.
C’est avec un certain intérêt que nous attendions les débuts de notre nouveau juge suppléant. D’une cause ingrate, peu propre aux développements, obscure dans ses détails techniques, M. CAUBET a su, par son talent, tirer un excellent réquisitoire. Il a mesuré les responsabilités au degré de culpabilité des prévenus ; sans parti pris, mais sans faiblesse, il a dénoncé la parcimonie des Compagnies qui, en voulant économiser sur le nombre des employés, sont bien souvent la cause des accidents. Très logique dans ses appréciations, le Ministère public a regretté que la loi ne lui ait permis de s’adresser qu’aux petits employés, coupables, il est vrai, du fait imputé, alors que les responsabilités de leurs actes planent au-dessus de leurs têtes.
Aussi, au début de leurs plaidoiries, les trois défenseurs ont-ils été unanimes à féliciter le jeune magistrat à l’occasion de ses débuts oratoires et à rendre hommage à la clarté, à la précision et à la modération de son réquisitoire.
Les défenseurs ont très consciencieusement et très éloquemment rempli leur tâche : Tous trois se sont appliqués à atténuer la culpabilité de leurs clients tout en dégageant un peu trop peut-être la responsabilité de la Compagnie. Après cette critique légère, rendons hommage à leur talent, à leur habileté pour mettre en lumière les points de fait et de droit susceptibles d’atténuer ou d’écarter toute culpabilité. Ils y ont réussi en partie.


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