1897 – Une voiture occupée par des réservistes se renverse à Labenne (40)

L’Écho saintongeais, 4 novembre 1897, page 3/4

Le Matin : derniers télégrammes de la nuit
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k557221t/f2
L’ACCIDENT DE Labenne

Déraillement d’un train militaire — Communiqué de la Compagnie du Midi.

La Compagnie des chemins de fer du Midi nous communique les renseignements suivants sur le malheureux accident survenu à Labenne (Landes), samedi soir, à cinq heures et demie : 
La machine du train de voyageurs n° 8, ayant subi une avarie, a dû être remplacée à la gare de Labenne par celle d’un train de marchandises. À la suite de la manœuvre qui a été faite pour ce remplacement, la quatorzième voiture du train a déraillé sur une aiguille, par suite d’une circonstance encore inexpliquée, et s’est renversée. Cette voiture était occupée par des réservistes, dont un a été tué et huit blessés. 
Voici les noms des victimes :
LACLADÈRE, [Pierre LACLADERE] de Soorts (Landes), décédé;

Une enquête a été immédiatement ouverte sur les causes de l’accident.

La France de Bordeaux et du Sud-Ouest, 1 novembre 1897, page 1/4
Récit d’un témoin :
Nous avons pu néanmoins recueillir, d’un témoin oculaire, les faits suivants : L’express n° 8, composé de vingt-six voitures, était parti à l’heure réglementaire, 4 h. 33, de la gare de Bayonne. Presque tous les compartiments étaient au complet, par suite de la libération des réservistes de la garnison de Bayonne.
Comme bien l’on pense le plus vif entrain régnait dans les wagons : ce n’étaient que chants, cris de joie, interpellations d’un wagon à l’autre. Les joyeux réservistes étaient heureux de rentrer chez eux après les fatigues d’une période d’exercices.
Tout à coup, avant l’entrée en gare de Labenne, un choc violent se fait sentir dans tout le train ; comme par enchantement tous les cris cessent. Aux portières se montrent des têtes inquiètes, cherchant à se rendre compte de ce qui se passe. Les unes s’ouvrent et l’on voit des gens affolés sauter du train sur la voie et prendre la fuite.
Un craquement terrible se fait entendre ; pendant qu’une partie du train, locomotive et les vingt premiers wagons suivent la voie de droite, les six avant derniers wagons subitement mis en arrêt contre l’aiguille mal faite et qui forme bloc, font un bond en arrière et reprennent la direction de Bayonne.
Pendant ce temps, le troisième wagon de ce groupement presque vidé par la fuite des voyageurs qu’il contenait, perd l’équilibre, et il est enlevé et renversé sur le côté gauche de la voie, à une distance de 4 mètres environ. Sa chute amène l’arrêt des autres wagons. On s’empresse autour du wagon renversé, d’où partent des cris déchirants, des appels au secours, etc. Le tableau est absolument navrant.
Quelques personnes ont réussi à s’échapper, mais d’autres, et elles sont nombreuses, sont horriblement blessées. Aidées des voyageurs, les équipes arrivées de Bayonne et de Dax accourues au premier signal, relèvent le wagon renversé. Dessous, un réserviste se rendant à Bordeaux, père de famille, est horriblement aplati. En sautant, il a été atteint par le wagon et recouvert par lui. Aux portières, on aperçoit de malheureuses victimes, les bras et les jambes coupés, fracturés, foulés.

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