1891 – Vitesse vertigineuse dans la descente de Mavilly (21)

Le Clairon, 8 janvier 1891 page 3/4


Le Petit Troyen du 13 janvier 1891 page 3 et 4/4

MAVILLY (Côte-d’Or)
Dimanche, vers neuf heures un quart du matin, un terrible accident est arrivé sur la ligne de tramway de Beaune à Arnay-le-Duc.
Un train composé de quatre wagons de ballast, chargés de pierres, se rendait en déchargement à Mavilly, lorsqu’arrivé à la pente très rapide de Mandelot, le mécanicien ne put ralentir la marche du train qui se mit à descendre la pente avec une vitesse vertigineuse.
Malgré toute la présence d’esprit du personnel un accident n’a pu être évité et le train déraillait à environ 100 mètres de la station de Mavilly, près d’une courbe.
La machine fut culbutée, le premier wagon complètement brisé, et les chaînes s’étant rompues, les trois autres wagons furent projetés sur le remblai.
Malheureusement, il n’y a pas que des pertes matérielles à déplorer, seize ouvriers de la ligne qui étaient montés dans les wagons, plus le mécanicien, le chauffeur et un chef de chantier, tous ont été plus ou moins grièvement blessés.
Quatre de ces hommes ont été amenés à l’hospice de Beaune; voici leurs noms :
1. GILBERT Auguste, 42 ans, marié, père de six enfants, natif des Ardennes, a eu le bras droit complètement broyé. Aussitôt son arrivée à l’hospice, M. le docteur SIROT a fait subir à ce malheureux l’amputation du bras ; son état est grave.
2. MARTIN Armand, célibataire, 28 ans, dont les parents habitent Dijon, a reçu des contusions à la tête et aux mains.
3. [GACON François] 39 ans, demeurant à Bouze, marié, trois enfants, blessures à la tête.
4. MUNIER Pierre, 32 ans, marié, deux enfants, demeurant à Autun, contusions au côté et au pied gauche.
A trois heures, on amenait à l’hospice un nouveau blessé, le nommé GALLAND Auguste, 36 ans, domicilié à Beaune, marié, deux enfants, contusions au bras droit et aux jambes.
D’un autre côté, on nous dit qu’un autre ouvrier, le nommé [Joseph PUGIN], âgé de 37 ans, aurait été tué sur le coup : le mécanicien, nommé ROCHET, 32 ans, blessures aux jambes; un autre ouvrier aurait une fracture à l’omoplate.
M. le docteur BOULEY s’est rendu sur les lieux de l’accident, des lits sont préparés à l’hospice pour recevoir d’autres blessés s’il y a lieu; M. ROGIER est parti avec des voitures et des matelas pour procéder à leur transport.
Au dernier moment, nous apprenons que les ouvriers restés à Mavilly seront probablement, vu le peu de gravité de leurs blessures, soignées sur les lieux.
Le chauffeur n’a eu aucun mal.


Le Progrès de la Côte-d’Or, 18 janvier 1891 page 2/6

Les journaux ne parle pas de [François VERTHIER] décédé de ses blessures à Mavilly (âgé de 60 ans)
Mais il doit s’agir de lui dans l’encadré ci-contre



{famille PUGIN}
Information trouvée dans le Journal de Genève du 02/02/1844 : 2 ans de prison requis contre Françoise BLANC femme d’Emmanuel SENN (complice de vol)


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