1891 – Déraillement au passage à niveau de Richary (proche de la gare de Remilly)


On lit dans les chroniques du journal Le Messin (édition du 20 janvier 1891), en page 3/4, l’article suivant :

Remilly. — On nous écrit le 18

Le train de Voyageurs pour Strasbourg, qui arrive ici à 4 heures du matin à déraillé au passage à niveau de Richary, à un kilomètre environ de la gare. La machine et le tender ont été précipités d’un talus de plusieurs mètres de hauteur, mais par un effet providentiel, les wagons de voyageurs n’ont pas été entraînés dans la chute et sont restés sur la voie. Le machiniste a été broyé sous les débris, le chauffeur qu’on a pu retirer, a été gravement blessé et après un pansement sommaire du médecin de Rémilly, a été dirigé vers un hôpital de Metz. On attribue cet accident à une fausse manœuvre de l’aiguilleur.
Voici d’autre part le télégramme publié par l’Agence Havas :
Le déraillement de Rémilly est attribué au sous-chef de gare qui a omis de donner l’ordre à l’aiguilleur pour diriger le train sur la voie normale. La locomotive, le tender et la voiture à bagages ont été précipités au bas d’une rampe de quatre mètres. Trois voitures de voyageurs ont été enfoncées. Le chauffeur a été couvert de brûlures; le machiniste à été retiré mort de dessous la locomotive. Le sous-chef de gare a été destitué. L’accident a causé une profonde émotion. Le parquet vient d’arriver. D’après d’autres renseignements qui nous sont fournis par notre correspondant de Rémilly, c’est sur un faux signal que le train venant de Metz à été engagé sur une voie de garage latérale, établie sur un talus. La locomotive “La Nied” a butté à la fin de la voie et est tombée ainsi que le tender, au bas du talus sur le flanc droit, tandis que le fourgon est resté couché sur le versant du remblai. Le conducteur de la locomotive, M. HEITTMANN[Karl HEITTMANN] a été tué sur le coup ; le chauffeur, M. SOMMERFELD [Johann SOMMERFELD] , a été pris sous les décombres et a cruellement souffert des flots d’eau bouillante qui s’échappaient de la chaudière. Il a fallu deux heures de travail pour le dégager. Quant au mécanicien, il a été relevé, l’après-midi, dans un état complètement méconnaissable. Les deux victimes sont domiciliées au Sablon et pères de famille. Il est fort heureux que le talus n’ait eu que deux mètres de hauteur au lieu de quatre ainsi que le dit l’Agence Havas, sans quoi il est probable que les voyageurs ne s’en seraient pas tirés sains et saufs à l’exception de quelques égratignures. Quant à la cause de l’accident, elle n’est pas, parait-il, encore parfaitement connue, ainsi que l’affirme l’Agence Havas. M. Winter, procureur impérial, et M. Schæfer, juge, qui se sont rendus à Rémilly par le train de 2 heures pour faire les constatations légales, établiront sans doute les responsabilités.

Le Messin en date du 20 janvier 1891
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8201763b/f3

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