Le Matin, édition du 21 novembre 1889
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5539317/f2
Déraillement d’un train de marchandises —
Deux victimes — Voitures brisées.
(Par service spécial)
Bordeaux, 20 novembre. — Ce matin, à 11 h. 35, le train 1005 bis, train de marchandises faisant la correspondance entre les gares Bordeaux-Bastide à Bordeaux-Saint-Jean, et qui passa sur les voies de jonction des deux gares, a déraillé à l’aiguille automatique 80.
Ce train se composait de 40 wagons lourdement chargés, tant de la Compagnie Paris-Orléans que de la Compagnie du Midi.
Huit voitures ont été projetées hors des rails et brisées, ainsi que les marchandises y contenues. La machine et le tender ont été rejetés à quinze mètres de la voie. Les voitures sont montées les unes sur les autres.
Le fourgon, dans lequel se trouvait le chef de train, Pierre PIGAL, [Pierre Benjamin Prosper Guillaume RIGAL] âgé de trente-trois ans, demeurant rue des Terres-de-Bordes, a été renversé de bas en haut et l’employé a eu la tête broyée. On a dû défoncer la voiture pour retirer le cadavre.
Ce jeune homme faisait ce voyage pour la première fois. Il remplaçait un vieux chef de train malade.
On suppose que l’aiguille automatique ne s’est pas refermée, par suite de l’introduction d’un caillou qui serait entré après le passage du train du Midi allant sur le Paris-Orléans.
On a été obligé de défoncer la voie pour arriver à dégager les wagons.
Quatre-vingts ouvriers sont employés à ce travail.
La machine et le tender sont presque perdus. Le mécanicien a été blessé à la jambe droite, mais légèrement.
