1886 – Un orage abîme la voie vers Château-Lavallières

Le Temps, du 23 juillet 1886
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k231100p/f4


Un déraillement s’est produit ce matin sur la nouvelle ligne de l’Etat de Saumur à Château-du-Loir, ouverte depuis le 11 juillet.
Cet accident a eu lieu vers 5 heures du matin à Chênehutte, entre Chenu et Château-Lavallière. La cause de l’accident est encore inconnue.
Le train 85, qui a déraillé, parti de Paris à 11 heures 25, était un train mixte transportant des denrées et marchant à une vitesse très modérée de 45 kilomètres à l’heure.
Quelques heures avant lui, les deux express venant de Bordeaux et de Paris à une vitesse de 60 kilomètres à l’heure étaient passés sans encombre. Le profil de la voie est peu accidenté à cet endroit (une rampe de 2 millimètres environ).
Le chauffeur du train a été tué sur le coup ; le chef de train est mort après avoir subi une amputation ; un autre agent de la Compagnie a été blessé. Un voyageur est contusionné.
Une enquête a été ouverte immédiatement par la Compagnie pour connaître les causes de l’accident.


L’Écho de l’Allier en date du 25 juillet 1886

Un de nos compatriotes a été victime d’un déraillement qui s’est produit jeudi matin sur la ligne de l’État, à Château-Lavallière, et dont il est question à nos « Faits-divers ».
C’est sur la ligne qui va de Saumur à Château-du-Loir qu’a eu lieu le déraillement, non pas à Château-Lavallière, mais à Chênehutte, entre Chenu et Château-Lavallière.
Le train 83 qui a déraillé était parti de Paris la veille au soir : c’était un train mixte, transportant des denrées et marchant à une vitesse très-modérée.
Le chauffeur du train, qui a été tué, est un nommé Paqueton [Jean Baptiste PACTON] âgé de 26 ans, dont les parents demeurent à Montluçon, rue Mondétour.
Avec lui, est mort le chef de train [identité inconnue à ce jour], qui a dû subir une amputation. Un autre agent de la Cie de l’Etat et un voyageur ont été contusionnés.
L’accident est attribué à un tassement survenu dans les remblais de la voie, à la suite d’un orage.
Les parents du malheureux Paqueton n’ont été avisés que vendredi, par dépêche, du malheur qui les frappait.

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