1884 – Le train 1712, a déraillé entre les stations de Roumazières et Exideuil.

1884 – Le Temps du 1er janvier 1885


La Démocratie du Cher, 4 janvier 1885
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1690603d/f3


Accident de chemin de fer.
Le train 1712, parti d’Angoulême, le 29 décembre, à cinq heures du soir, en destination de Limoges, a déraillé entre les stations de Roumazières et Exideuil.
Le convoyeur, M. VALÉGEAS, a été tué et quatorze voyageurs ont été blessés.
Voici ce que raconte à ce sujet un propriétaire demeurant sur le bord de la ligne, près du lieu où est arrivé l’accident : Il était 7 heures 1/2 environ, le train 1712 venait de passer. Tout à coup j’entends un bruit formidable, un bruit pareil à celui que pourraient produire un coup de tonnerre terrible et un tremblement de terre réunis. Puis, à travers la nuit, d’épouvantables cris de détresse. Ah! mon Dieu! m’écriai-je, c’est le train qui est tombé sous le pont. Je me mis aussitôt à la fenêtre, et je vis le garde-barrière courant en bras de chemise vers la gare de Roumazières. Tout le train est dans le remblai! me cria-t-il en passant. Je courus immédiatement à l’endroit du sinistre et j’arrivai un des premiers sur le pont. Un affreux spectacle s’offrit à mes yeux. Quelques voyageurs sortaient, étourdis, ensanglantés, de dessous les décombres et remontaient le talus ; les autres ceux qui étaient plus grièvement blessés et et ne pouvaient se dégager – poussaient des cris affreux. Le feu de la machine éclairait tout cela d’une lueur rouge; c’était horrible ! Mais bientôt les gens arrivèrent de tous côtés, munis de petites lanternes sourdes, et le sauvetage commença.»
Le ravin au fond duquel a été précipité le train a une profondeur de 26 mètres. Et quand on considère ces sept voitures éventrées, broyées, émiettées cette locomotive les roues en l’air, la cheminée enfoncée dans le sol, l’avant tourné vers Angoulême, alors qu’elle se dirigeait sur Limoges, c’est à se demander vraiment comment un seul être a pu sortir vivant de cet amas de débris.
Le mécanicien et le chauffeur surtout, qui ont roulé avec leur machine et ont été couverts par elle, doivent la vie à un véritable miracle. C’est un salut impossible à expliquer, étant donnée la position de la locomotive. Ce sont les bouillettes, dansant une sarabande effrénée au milieu du tourbillonnement vertigineux des wagons, qui ont occasionné presque toutes les blessures.
Le courrier-convoyeur [Louis VALLAGEAS]a été tué par le tender de la machine qui a éventré son wagon de seconde et lui a aplati la tête contre les parois. L’enlèvement de tous les débris nécessitera certainement un travail considérable.
Les habitants de Roumazières, d’Excideuil et des fermes voisines ont bravement fait leur devoir.
Le déraillement aurait commencé sur le pont, et il serait dû à un écartement des rails. On a remarqué que la tringle destinée à maintenir les rails à la largeur réglementaire manquait.


L’Echo Rochelais, 3 janvier 1885
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k16225846/f4


Charente.
Un accident de chemin de fer s’est produit lundi, 29 décembre.
C’est le train qui part d’Angoulême pour Limoges à 5 heures 44 minutes du soir qui a déraillé complètement, entre les stations de Roumazières et d’Excideuil.
Cet accident, dont la cause n’est pas encore connue, s’est produit à la sortie du pont qui traverse la Charente et sur un remblai au bas duquel machine et wagons ont été précipités.
Un convoyeur auxiliaire des postes a été tué; sept voyageurs ont reçu des contusions ou des blessures plus ou moins légères; sept employés sont blessés.
Nous sommes heureux d’apprendre que la situation des blessés est aussi satisfaisante que possible.
Trois ont reçu des blessures assez sérieuses : ce sont MM. BONTIN, visiteur en chef à Limoges; LAGUERRE, graisseur à Limoges, et LARGEAU, garde-frein à Limoges.
Douze ont été légèrement contusionnés.

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