1878 – L’Express de Paris-Saint-Malo déraille dans la courbe de Saint-Aubin-des-Landes (35)

Un grave accident de train a eu lieu le 12 juillet 1878 entre Vitré et Châteaubourg. Le train express parti de Paris pour Saint-Malo a déraillé vers six heures du soir au kilomètre 346. L’accident s’est produit dans une courbe alors que le train était à pleine vitesse, projetant la locomotive à l’arrière du convoi et laissant les wagons en un tas de débris. La cause du déraillement reste inconnue.
Un train de secours a été rapidement dépêché de Rennes avec de nombreux ouvriers pour porter assistance. Certains blessés ont été ramenés à Rennes, d’autres ont reçu les premiers soins dans des maisons avoisinantes. Un voyageur a dû se rendre à pied à Châteaubourg pour alerter les secours par télégraphe. Deux autres trains qui suivaient le convoi accidenté ont pu être arrêtés à temps grâce à des signaux de détresse.

Liste des personnes décédées :

Liste des personnes blessées :

  • M. Houëdry, grainetier, à Rennes
  • M. Larché, pharmacien, à Rennes
  • M. l’abbé Breton, professeur du collège de Vitré
  • Mme Auger, belle-mère de M. Parrot
  • Mlle Henri, domestique de Mme Auger
  • M. Richer, colonel du génie en retraite, à Rennes
  • Mme Richer
  • Mme Blanche Tournant, à Paris
  • M. de Biouville, à Paris
  • M. Paulet et ses deux filles, à Paris
  • M. de Villers, du Mans
  • M. Bouvet, mécanicien
  • M. Le Bâtard, conducteur chef du train
  • M. Coz, conducteur d’arrière
  • M. Worms, professeur de la Faculté de droit de Rennes (légère contusion)
Les journaux d’Ille-et-Vilaine nous apportent des renseignements complets sur le terrible accident de Vitré. Clic

La France, édition du 16 juillet 1878
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1634382k/f3

L’accident de Vitré.

Quelques minutes avant six heures, une dépêche arrivait à la gare de Rennes, annonçant que le train venant de Paris avait déraillé entre Vitré et Châteaubourg; on réclamait à la hâte des médecins. Un train de secours fut immédiatement organisé et quittait bientôt Rennes avec de nombreux ouvriers, pour se rendre sur les lieux de l’accident. Un spectacle affreux s’offrit alors aux yeux de tous : la machine, le tender, les wagons étaient tombés pêlemêle les uns sur les autres et ne formaient plus qu’un monceau de débris. Le choc avait été si violent que la machine, au lieu d’être à la tête du train, se trouvait maintenant à l’arrière, les wagons ayant pour ainsi dire sauté par-dessus la locomotive. Le déraillement s’étant produit dans une courbe et au moment où le train était lancé à toute vitesse, on comprend facilement que les conséquences de l’accident aient été terribles.
Sur les vingt-cinq voyageurs qui se trouvaient dans le rapide, six ont été tués et douze assez grièvement blessés. On raconte un détail affreux : le chauffeur n’a pas été tué sur le coup, mais ce malheureux s’est trouvé engagé sous le tender, de telle façon qu’il a été impossible de le retirer. C’est en vain que les voyageurs qui n’étaient que blessés ont essayé de le secourir; ils étaient impuissants à soulever le tender et à arracher ce malheureux dont les cris perçants faisaient verser des larmes de rage et de désespoir à ceux qui s’efforçaient en vain de lui sauver la vie. Au bout de quelques instants, les cris du malheureux chauffeur ne se firent plus entendre : son supplice horrible s’était terminé avec sa vie.
Nombre de wagons ont été brisés, et, comme les poteaux télégraphiques avaient été arrachés et entraînés par le choc, il a été impossible, en cet endroit isolé, de se procurer de prompts secours. Pendant qu’on faisait dans la localité, à la lueur des torches, tout ce qui était humainement possible, un voyageur faisait à pied la route des Carrières à Châteaubourg et, de là, télégraphiait à Rennes.
On ignore la cause du déraillement. L’un des professeurs de la Faculté de droit de Rennes, M. Worms, en a été quitte pour une légère contusion.
Le train qui a déraillé était suivi par deux autres trains, l’un de marchandises, l’autre de voyageurs; ceux-ci, avertis par des signaux de détresse, s’arrêtèrent à environ 1,500 mètres du sinistre.

Le train express, parti le 12 juillet à 11 heures 57 matin, de Paris pour Saint-Malo, a déraillé au kilomètre 346. Clic

Le Phare de la Manche, édition du 18 juillet 1878
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t52191288f/f2

L’ACCIDENT DE VITRÉ

Le train express, parti le 12 juillet à 11 heures 57 matin, de Paris pour Saint-Malo, a déraillé au kilomètre 346, vers six heures du soir, entre les gares de Vitré et de Châteaubourg.
On a à déplorer la mort de trois voyageurs. Neuf voyageurs sont plus ou moins grièvement blessés.
Le chauffeur et un des conducteurs du train ont été tués. Le mécanicien a été blessé.
L’agent divisionnaire de la Compagnie à Rennes et plusieurs médecins se sont de suite transportés sur les lieux avec un train de secours Une partie des blessés a été ramenée à Rennes; quelques-uns sont soignés dans les maisons voisines de l’accident.
Le Journal d’Ille-et-Vilaine rend compte en ces termes de cet accident :
Quelques minutes avant six heures, une dépêche arrivait à la gare de Rennes, annonçant que le train venant de Paris avait déraillé entre Vitré et Châteaubourg; on réclamait à la hâte des médecins. Un train de secours fut immédiatement organisé et quittait bientôt Rennes avec de nombreux ouvriers, pour se rendre sur les lieux de l’accident. Un spectacle affreux s’offrit alors aux yeux de tous : la machine, le tender, les wagons étaient tombés pêle-mêle les uns sur les autres et ne formaient plus qu’un monceau de débris. Le choc avait été si violent, que la machine, au lieu d’être à la tête du train, se trouvait maintenant à l’arrière, les wagons avaient pour ainsi dire sauté par-dessus la locomotive. Le déraillement s’était produit dans une courbe et au moment où le train était lancé à toute vitesse, on comprend facilement que les conséquences de l’accident aient été terribles. Sur les vingt-cinq voyageurs qui se trouvaient dans le rapide, trois ont été tués et douze assez grièvement blessés. On raconte un détail affreux : le chauffeur n’a pas été tué sur le coup, mais ce malheureux s’est trouvé engagé sous le tender de telle façon qu’il a été impossible de le retirer. C’est en vain que les voyageurs qui n’étaient que blessés ont essayé de le secourir; ils étaient impuissants à soulever le tender et à arracher ce malheureux dont les cris perçant faisaient verser des larmes de rage et de désespoir à ceux qui s’efforçaient en vain de lui sauver la vie. Au bout de quelques instants, les cris du malheureux chauffeur ne se firent plus entendre : son suplice horrible s’était terminé avec sa vie.


Lire l’histoire de la halte des Lacs à Saint-Aubin des Landes et photographies de la gare
Lien autorisé par la mairie de St Aubin (Courriel du 13 oct. 2025)

Concernant Madame la Baronne de Wessenberg, ses racines sont tchèques, je n’ai donc pas fait de recherches conformément à mon plan de travail, je donne toutes les informations que j’ai pu trouver.
N’hésitez pas à compléter. (Commentaires ou message – Merci)

 

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