1871 – L’Express de Paris déraille près de la station de Pontmort

 

Un grave accident de train a eu lieu le dimanche 2 juillet, vers 5h30 du matin. L’express de Paris a déraillé à pleine vitesse à la hauteur de la Montade, près de la station de Pontmort. Deux locomotives et plusieurs wagons ont été détruits. La cause de l’accident est inconnue et une enquête est en cours. Le déblaiement a duré 36 heures et a mobilisé 200 ouvriers.

Le Petit Journal, édition du 7 juillet 1871
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591150g/f3

Le déraillement de Pontmort

Le Moniteur du Puy-de-Dôme nous apporte à l’instant des renseignements dont voici la substance :
Le déraillement de l’express venant de Paris a eu lieu à cinq heures et demie du matin, à la hauteur de la Moutade, près de 300 mètres avant d’arriver à la petite station de Pontmort.
Une voiture de première classe a même passé par-dessus un fourgon, et sur cette voiture est venu s’abattre un des wagons-poste.
C’est là, qu’après de longues recherches, on a trouvé quatre cadavres. Un serre-frein, nommé Coutureau, a eu la tête presque broyée : ce qui porte à cinq le nombre des victimes tuées dans ce déraillement.

Le Courrier de Lozère du 9 juillet 1871– Clic pour dérouler
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53654376t/f3

L’ACCIDENT DE PONT-MORT.
Dimanche dernier, 2 juillet, un grave accident est arrivé sur la ligne de Montargis à St-Germain-des-Fossés, aux environs de la station de Pontmort. Voici sur cet événement quelques détails que nous empruntons au Moniteur du Puy-de-Dôme :

La Moutade, 2 juillet, midi.
L’aspect de la voie est effrayant.
Deux locomotives sont renversées sur le talus, le train tout entier est bouleversé sur le balast, au milieu des décombres entassés pêle-mêle.
Sur une longueur de plus de 50 mètres, les rails des deux voies sont tordus et brisés:
des seize wagons qui formaient le train, six ont été littéralement broyés.
Le déraillement de l’express venant de Paris a eu lieu à cinq heures et demie du matin, à la hauteur de la Moutade, près de 300 mètres avant d’arriver à la petite station de Pontmort.
Le train était lancé à toute vitesse.
Pendant quelques secondes, jeté hors des rails par une secousse assez brusque, il a glissé sur le railway d’une voie à l’autre.
Les deux machines qui se trouvaient en tête du train se sont jetées sur le côté droit du talus; mais au milieu d’un terrain détrempé par les pluies torrentielles des jours derniers, elles se sont promptement en-ravées; l’arrêt a été si brusque, que par suite de la vitesse acquise plusieurs wagons, entrant les uns dans les autres, ont été broyés : une voiture de première classe a même passé par-dessus un fourgon et sur cette voiture est venu s’abattre un des wagons poste.
C’est là qu’après de longues recherches on a trouvé quatre cadavres. Un serre-frein, nommé Coutuseau, a eu la tête presque broyée : ce qui porte à cinq le nombre des victimes tuées dans ce déraillement.
Les blessés sont à peu près au nombre de quinze ou seize : l’état de trois d’entre eux inspire de sérieuses inquiétudes. Le premier convoi de blessés est arrivé à Riom dans la matinée : pendant le trajet de la gare à l’hôpital général, M. Guitton, entrepreneur des baraquements de la ligne de Thiers, rendait le dernier soupir.

 

 

Les victimes, dont la lise a été publiée dans les journaux de l’époque :

Personnes décédées :

Personnes blessées:

  • M. MAGNE, 8e d’artillerie (contusions légères)
  • M. GALBOT, 8e d’artillerie (contusions au flanc gauche)
  • SAMSON Théophile, soldat du 48e de ligne
  • Mme DUBUIS, de Dunkerque
  • Mlle Claire d’Albertuis
  • Mlle Marie-Annette d’Albertuis
  • M. DESJEANS (Sébastien), 18e d’artillerie (fracture à la jambe et contusions)
  • M. RÉGIAS (Antoine), de Ségur (Cantal) (jambe cassée)
  • Mme RICOUL, de Chaudesaigues (Cantal) (fortes lésions à la tête)
  • M. PAGE (François), 18e bataillon de chasseurs à pied (fracture de la jambe)
  • M. DEVRARY (Félicien), 7e hussards (fortes contusions)
  • M. SIMON (Stanislas), 48e de ligne (contusions à la main)
  • M. ROUX (Joseph), d’Escurolles (Allier) (fracture des deux jambes, état inspirant de l’inquiétude)
  • M. LASFARGUE (Léon), 70e de ligne (fracture à l’épaule droite)
  • MM. GaAUDILLON (Baptiste), facteur (contusion au côté)
  • PALAKI (Louis), 55e de ligne
  • ABRIQUE (Louis), 59e de ligne
  • LEMARCHAND, 19e de ligne
  • BIDOIS, 19e de ligne
  • ROULLIER, 19e de ligne
  • LEVASSEUR, 19e de ligne

Tous ces soldats revenaient d’Allemagne : les contusions qu’ils ont reçues n’inspirent aucune inquiétude.

La Liberté – 7 juillet 1871– Clic pour dérouler
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53654376t/f3

NOS INFORMATIONS — LE DÉRAILLEMENT DE PONT-MORT

Nous recevons les renseignements suivants sur l’accident de Pontmort, que nous avons annoncé dans notre numéro d’avant-hier.
C’est l’express de Paris qui a déraillé, vers 5 heures et demie du matin, à la hauteur de la Montade, à trois cents mètres de Pontmort. La cause de ce sinistre est encore inconnue. L’enquête l’éclaircira.
Le train était lancé à toute vitesse, lorsqu’il fut jeté hors des rails par une brusque secousse. Les deux machines qui se trouvaient en tête furent précipitées chacune d’un côté de la voie, et plusieurs wagons furent broyés par le choc les uns contre les autres.
Ce n’est qu’après de longues recherches, qu’on a trouvé quatre cadavres :
Un serre-frein, nommé Coutureau, a eu la tête presque broyée, ce qui porte à cinq le nombre des victimes tuées dans ce déraillement.
Voici d’ailleurs leurs noms:
M. Dupuy-Montbrun.
M. Basse-Dupuis, ancien négociant, demeurant à Clermont, place Delille.
Mmes Guitton et Chaussolo.
Les blessés sont à peu près au nombre de quinze ou seize : l’état de trois d’entre eux inspire de sérieuses inquiétudes. Le premier convoi de blessés est arrivé à Riom dans la matinée. Pendant le trajet de la gare à l’hôpital général, M. Guitton, entrepreneur des baraquements de la ligne de Thiers, rendait le dernier soupir.
Pour couper court aux exagérations absurdes qui trouvaient auprès de la population un accueil trop facile, nous croyons devoir publier les noms des blessés.
Deux ont été transportés au petit village de la Moutade, M. Magne, qui a pu repartir dans la journée, et M. Galbot, du 8e d’artillerie (contusions au flanc gauche).
On a aussi recueilli à Cellule le nommé Samson Théophile, soldat du 48e de ligne.
Le premier convoi de blessés s’est arrêté à Riom; il comprenait:
Mme Dubuis, de Dunkerque;
Mlle Claire d’Albertuis;
Mlle Marie-Annette d’Albertuis;
M. Desjeans (Sébastien), du 18e d’artillerie (fracture à la jambe et contusions dans l’intérieur du corps).
M. Régias (Antoine), de Ségur (Cantal), jambe cassée;
Mme Ricoul, de Chaudesaigues (Cantal), fortes lésions à la tête;
M. Page (François), du 18e bataillon de chasseurs à pied, fracture de la jambe;
M. Devravy (Félicien), du 7e hussards, fortes contusions;
M. Simon (Stanislas), du 48e de ligne, contusions à la main; M. Roux (Joseph), d’Escurolles (Allier), fracture des deux jambes, le seul dont l’état peut inspirer des inquiétudes;
M. Lasfargue (Léon), du 70e de ligne, fracture à l’épaule droite.
Ces blessés ont été reçus à la gare de Riom par le docteur Aguilhon, qui les a fait transporter à l’hôpital général où il leur a prodigué les meilleurs soins.
Un second train a conduit à Clermont:
MM. Gaudillon (Baptiste), facteur au chemin de fer de Lyon, contusions au côté;
Palaki (Louis), du 55e de ligne;
Abrigue (Louis), du 59e de ligne;
Lemarchand, du 19e de ligne;
Bidois, du 19e de ligne;
Roullier, du 19e de ligne;
Levasseur, du 19e de ligne.

 

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