Mise à jour du 26 août 2026 : Ajout de la liste des 75 victimes
Mise à jour du 26 août 2026 : 2 nouvelles victimes identifiées LIBERT et QUELIN
1871 Seclin : 26 morts et 69 blessés

Le Français, édition du 08/09/1871
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1674689m/f4
L’accident de Seclin.
L’Echo du Nord rectifie quelques détails donnés par lui sur l’accident de Seclin. Voici le nouveau récit qu’il en publie :
La catastrophe de Seclin a produit dans notre ville un immense effet de colère. Parallèlement à l’enquête poursuivie par l’autorité judiciaire, les parents, les amis des victimes, au nom de ceux qu’ils ont perdus, le public en général, en présence des dangers presque quotidiens que ce désastre lui révèle, ont entamé de leur côté une enquête où viennent se grouper tous les griefs privés et tous les épisodes inédits de cette lugubre tragédie.
Notre devoir est de les réunir, afin de faciliter l’œuvre de la justice et la recherche de la vérité.
Nous devons tout d’abord rectifier quelques erreurs qui s’étaient glissées hier dans l’énumération que nous avons faite des circonstances de l’accident.
Le train omnibus, après avoir déposé à la gare de Seclin les voyageurs qu’il portait à cette destination et avoir perdu un temps précieux pour laisser monter ceux qu’il y devait prendre, s’avança de quelques mètres dans la direction de Lille pour permettre à ses derniers wagons de dépasser l’aiguille qui lui ouvrait la voie oblique conduisant à la voie de garage dans laquelle il devait entrer à reculons. Le machiniste se trompa une première fois sur la longueur du train qu’il conduisait, et qui se trouvait, ce jour-là, plus considérable que de coutume. C’est alors que se produisit le premier mouvement de recul inexpliqué jusqu’à présent. C’est alors que, sur un premier cri de terreur poussé par les voyageurs, qui apercevaient déjà les fanaux de l’express, qui courait à toute vapeur sur eux, se produisit cette minute de tâtonnement, après laquelle, une nouvelle manœuvre tentée, les derniers wagons du train omnibus s’engagèrent dans la voie de garage qui les aurait peut-être sauvés cinq minutes plus tôt.
Il était trop tard;la locomotive arriva, tandis qu’un immense cri d’horreur s’échappait de toutes les poitrines, et écrasa sur son passage les voitures du train-omnibus qui lui présentaient leur flanc. Cinq furent ainsi broyées. La dernière, qui était un wagon vide, fut respectée. Nous n’avons pas à revenir sur la scène qui se produisit alors;nous en avons décrit les effrayants épisodes d’après le récit des voyageurs qui frémissaient encore en nous les racontant, et le tableau que nous en avons fait est vrai dans toute sa sinistre horreur. D’ailleurs, quelque sombre que nous l’ayons fait, l’exagération n’était malheureusement pas possible.
Quoique nous n’ayons vu son nom sur aucune liste, nous savons que le machiniste de l’express a reçu des blessures très-douloureuses, et peut-être très-graves.
Le machiniste du train-omnibus a été lui-même assez grièvement blessé;en cherchant à atténuer autant qu’il était en son pouvoir l’immensité du désastre qu’il apercevait trop tard. Malgré le mouvement de recul qui animait sa machine, il tenta, dans un effort suprême, de changer son excentrique pour renverser la vapeur dans ses pistons et fuir, sauvant au moins la partie intacte de son train que l’express devait séparer des wagons sur lesquels il courait, et qui étaient fatalement condamnés. C’est dans cet effort qu’il a gagné la hernie dont nous avons déjà parlé.
Bien des circonstances malheureuses ont concouru, du reste, à cette catastrophe.
C’est ainsi que les signaux que faisait le machiniste du train omnibus, masqués derrière le hangar qui sert d’abri aux voyageurs des trains quittant Lille, ne purent être aperçus de l’express, qui ne put ni arrêter sa marche, ni même modérer sa vitesse, quand il les aperçut, après avoir dépassé la courbe qui les lui cachait.
Justice doit être faite, mais il importe de juger sans passion, sans parti pris, et surtout, comme nous le craignions tout d’abord, il ne faut pas que les petits soient condamnés à payer pour les grands. L’enquête a établi que le disque qui devait ralentir le train express à 1,200 mètres de la gare, n’était pas tourné quand il fut dépassé par la machine. L’employé qui avait pour mission de manœuvrer ce signal a été arrêté. Nous l’avons vu, lors de notre visite à Seclin, passer entre deux gendarmes. Interrogé depuis, il a prétendu qu’il avait tourné le disque, quoiqu’il avoue avoir constaté lui-même que sa position n’indiquait pas l’arrêt quand s’est produite la collision, et, sans expliquer en aucune façon par quelle cause il put reprendre sa position centrale, il s’obstine à se renfermer dans ce système de défense. Il est, du reste, écrasé par l’énormité de l’accusation qui pèse sur lui.
Il était, à notre avis, un moyen d’éviter le désastre : c’eût été de faire immédiatement garer le train-omnibus dès son arrivée à la gare de Seclin, au lieu de laisser aux voyageurs le temps d’en descendre et d’y monter. Un simple ordre du chef de cette gare eût suffi pour conjurer le danger. Les voyageurs, il est vrai, ont la fâcheuse habitude de se précipiter aux portières, avant même que le train soit complétement arrêté;mais la marche devant les quais est assez lente pour lui permettre de continuer sa route sans accident, tandis que l’heure parfaitement connue du passage de l’express devait révéler aux chefs de manœuvre l’imminence de la catastrophe qui s’est produite. Nous donnons, d’ailleurs, ces simples réflexions sous les réserves les plus expresses.
À l’heure qu’il est, plus de cent blessés sont à Séclin soignés dans l’hôpital ou recueillis dans des maisons particulières. Des renseignements précis nous manquent sur leur état, mais, d’après les indications que nous possédons sur la gravité de leurs blessures, nous devons redouter qu’un nombre relativement considérable de décès ne viennent s’ajouter à la liste actuelle des morts.
Aujourd’hui a eu lieu, à Seclin, une double cérémonie funèbre : à neuf heures du matin, une foule émue et recueillie accompagnait à leur dernière demeure quatre des victimes de l’accident de l’avant-veille. Nous avons remarqué dans la foule des assistants, outre les autorités civiles et militaires de notre ville, un assez grand nombre de soldats venus pour rendre les derniers devoirs à leurs deux camarades qui avaient péri. L’un de ces deux soldats avait été, nous dit-on, l’ordonnance du général Colson.
A midi, le cimetière a reçu de nouveau le cadavre d’une femme qui avait succombé.
Etaient présents aux funérailles :
MM. le baron de Saint-Didier;
Kullmann, administrateur;
de Ronseray, chef du service du contentieux;
Mathias, ingénieur;
Lagarde, inspecteur principal.
A Lille, en l’église du faubourg Saint-Maurice, des parents et des amis venaient à la même heure dire adieu à deux autres victimes.

Nous recevons de la Compagnie du Nord la liste suivante, que nous publions sous toutes réserves :
Le nombre des personnes, victimes de l’accident de Seclin, mortes jusqu’ici, est de huit.
M. Carpentier, correcteur d’imprimerie chez M. Lefort, imprimeur à Lille.
M. Corbevie, Casimir, rue du Parse, à Rouen.
Mme Delmerre, à Fives.
M. Vasseur, Louis, de Seclin.
M. Lefebvre, Maximilien, boulanger, rue du Faubourg-de-Roubaix, à Lille.
Mlle Lefebvre, Estelle, sa fille.
M. Vanderhaeghen, Célestin, ouvrier de ferme à Schulbrades (Belgique).
Mlle Béguinet, Marie, domestique.
L’état des blessés soignés à l’hôpital de Seclin est aussi satisfaisant que possible.
On a omis d’indiquer, parmi les noms des médecins qui ont bien voulu prêter leur concours dévoué dans cette triste circonstance, MM. les docteurs Honnart, J. Chrestien et Daubresse.
Pour avoir différents point de vue de cet accident au travers des journaux d’époque
La Petite Presse – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4718761b/f4
L’Eclaireur de Coulommiers – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44056486/f2
Journal Villes et Campagnes – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1813848w/f4
Le Messager du Midi – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k73712039/f2
Le Petit Marseillais – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4896160p/f3
Le Journal de la ville de St Quentin – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1837317d/f3
L’Echo des Frontières – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t544641801/f2

Journal des débats politiques et littéraires
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4580218/f2
Liste des 75 personnes victimes de l’accident
» Jules-Joseph HENNION, rue d’Arras, 17, à Lille.
» Fortuné HENNION (frère du précédent), rue des Robleds, 9, à Lille.
» Jules JANVIER, rue de la Plaine, 4, à Lille.
» Désiré DUVINAGE, rue Lerminez, 3, à Esquermes-Lille.
» Henri VANLERBERGHE, rue du Blanc-Ballot, 77, à Lille.
» Adolphe DROMAUX, rue de Juliers, 30, à Lille.
» Charles HASQUIN, rue de Wazemmes, 150, à Lille.
» Frère FERDINAND (de la Doctrine chrétienne), à Cambrai.
» Frère Hubert GILLES (de la Doctrine chrétienne), à Cambrai.
» Auselaie BÉZIN, Grande-Place, 63, à Cambrai.
» Joseph VANHERVERSUGUE, boulevard d’Italie, 32, à Lille.
» Émile GRUSON, rue d’Esquermes, 108, à Lille.
» Louis DUPUIS, rue du Faubourg-Notre-Dame, 60, à Lille. (Le père du blessé demeure rue de la Mairie, 18, à Douai.)
» Grégoire FOURNIER, rue du Vieux-Marché-aux-Moutons, à Lille. (Fils de FOURNIER-SIX, marchand de cuirs.)
» Jules HUBERT, rue des Higers, à Abbeville.
» CARPENTIER, correcteur d’imprimerie chez M. Joseph LEFORT, à Lille.
» CLABAUT, professeur, rue Colbert, 20, à Lille.
» Mme CLABAUT, femme du précédent.
» Emmanuel VOITURIEZ, soldat au 11ᵉ dragons, natif de Chavalles (Ain).
» Grégoire DECLERCQ, fumiste, rue de Paris, 87, à Lille.
» Un militaire resté inconnu.
» Auguste LESAGE, à La Chapelle d’Armentières (garde d’écurie chez M. Jules SAUVAGE).
» Pierre LESAGE, frère du précédent, à La Chapelle d’Armentières.
» Jean-Baptiste CARTON, soldat au 3ᵉ provisoire, à Paris.
» GOURMET-VILLETTE, marchand de grains à Fenain, près Somain (Nord).
» Édouard GUILLEMOT, fabricant de fleurs artificielles, à Fenain.
» Mme PÉRILLON, à Paris.
» HERBET, chef d’institution, rue de Roubaix, à Lille.
» Une dame institutrice chez M. HERBET, à Lille.
» Charles LAURIDAN, soldat au 35ᵉ de ligne, à Alençon, se rendant à Sainghin-en-Mélantois (canton de Cysoing).
» Joseph CASIER, rue de Courtrai, 25, à Lille.
» LEFEBVRE-SAMAIN, rue du Faubourg-de-Roubaix, 71, à Lille.
» Estelle LEFEBVRE, rue du Faubourg-de-Roubaix, à Lille.
» Albert PATRIE, voyageur de commerce, rue du Bleu-Mouton, 3, à Lille.
» Auguste DUHEM, rue du Blé, 31 bis, à Douai.
» Pierre GRANGE, rue Nationale, 51, à Lille.
» Alexandre HAVEZ, soldat au 5ᵉ provisoire (camp de Sathonay, près Lyon). (Ses parents demeurent rue de Metz, 34, à Lille).
» Désiré AUBENNE, soldat au 20ᵉ bataillon de chasseurs à pied.
» Philippe BUSAIGNÉ, au Petit-Lannoy, à Fives-Lille.
» Alfred LONGUÉPÉE, place Saint-André, à Lille.
» Dame Louis DELEMER, rue de Lannoy, 75, à Fives-Lille.
» Carlos DUTILLEUL, soldat au 17ᵉ chasseurs à pied, à Paris.
» Jules DUBUISSON, soldat au 17ᵉ provisoire (sorti de l’hôpital du Vésinet), rue de Poids, 19, à Lille.
» Charles RÉVILLE, chez VERDONCK-HAZARD, 106, rue Nationale, à Lille.
» Benoît DELHAYE, à Montreuil-au-Bois (canton de Lay, Belgique), ouvrier de ferme.
» Dame veuve JOINVILLE, rue de la Plaine, 50, à Lille.
» Désiré DUPORTERE, sabotier à Loos.
» DE KAGLIN, négociant à Paris, demeurant à Seclin.
» Nestor BOUVELLE, soldat au 75ᵉ de ligne, employé au recrutement à Lille (sa famille demeure, Grand’Place, 31, à Cambrai).
» Henri HOCHEDEZ, tisserand, à Aubers, près La Bassée (Nord).
» BAITY, marchand de fleurs artificielles, 17, rue d’Aboukir, Paris.
» Alexandre DESOBRY, fileur de laine, rue de Wagram, Lille.
» Henri BEERMÉE, soldat au 79ᵉ de ligne (camp de Saint-Cloud, près Paris), venant chez M. Alphonse DEGRUSON, employé au chemin de fer, rue de Juliers, 13, Lille.
» Liber PETRAUD, négociant à La Ferté-Macé, allait à Lille, devait descendre hôtel de France, chez Mme LOTAR.
» Maximilien LEFEBVRE, boulanger à Saint-Maurice, Lille.
» Jules LEPRÊTRE, boulanger, au Petit-Ronchin, à Lille.
» Célestin VANDERAGHEN, ouvrier de ferme (canton de Lusterzel, près de Gand, Belgique).
» Dame Marie BIGNENÉE, chez M. DEBRÉE, négociant, rue de la Louvière, à Lille.
» Casimir CORBEVIE, à Rouen.
» Mme veuve François VITSE, à Saint-Jans-Cappelle (près Bailleul), Nord.
» Mme veuve TRIGAUD, rue des Chaudronniers, 5, à Cambrai, allant à Lille, chez M. J.-B. DEHOUCHE.
» Jean GELEYT, négociant, rue Gentil, 4, à Lyon.
» Louis LEIGNEL, chez M. DECROIX, marchand de vin, place Sébastopol, à Lille.
» Mme Virginie VAULOURDE, de Thielt (Belgique), se rend chez sa sœur, Mme François SPILERS, à Wazemmes, Lille.
» Désiré VAUDERVORT, de Corman, canton de Renée, arrondissement d’Audenarde (Belgique).
» VASSEUR, habitant à Seclin.
» Veuve RAOUST, DELESALLE, rue de la Clef, 45, à Lille.
» Mlle Juliette RAOUST, fille de la précédente.
» Un homme inconnu, trouvé sous la machine.
» DENEUVILLE, rue de l’Université, 33, à Douai.
» Mlle Hortense DENEUVILLE, rue de l’Université, 33, à Douai.
» WILLOT, de Saint-Gombert, arrondissement de Vervins (Aisne).
On nous cite notamment M. FIÉVEZ, agent de change à Lille, blessé au bras droit ; son fils Charles, âgé de quatorze ans, mâchoire fracturée ; son autre fils Henri, âgé de vingt ans, oreille déchirée.
et on en compte en outre vingt environ qui ont pu quitter Seclin et se rendre en différents endroits.
dont 26 décéderont :
- ALLART Louis François
- BASTIE (BASTY) Louis
- BESIN Arsène Joseph
- BIGUINET Marie
- CARPENTIER Joseph
- CORBEVIE Casimir
- DELHAYE Benoit
- DESOBRY Alexandre
- DUPUIS Louis Constant
- GEYNET Jean
- GOURBESVILLE (GOURBEVILLE) Casimir Cyr Ferdinand
- GUILLEMOT Edmond Denis
- HENNION Fortuné Henri (Henriette sur l’acte de décès !)
- HUBERT Jules Pierre
- LEFEBVRE Estelle Clotilde
- LEFEBVRE Maximilien
- LEIGNEL Alfred Louis Désiré
- LEMESRE Angélique Thérèse
- LESAGE Auguste Louis
- RAOUST Juliette
- VANDERHEYGHEN Célestin
- VANLERBERGHE Henri Sylvain Louis Casimir
- VASSEUR Louis
- VUILLIOT (WILLOT, WUILLIOT, WUILLOT) François Joseph
- LIBERT Adrien François Guillaume
- QUELIN François Lucien

Bonjour.
Concernant DELHAYE Benoît:
Il est né le 27/3/1822 à Herquegies ( Belgique) ( Acte 5 vue 484 >https://agatha.arch.be/data/images/527/527_9999_999_1386014_000/0_0491 )
Fils de Benoît Joseph et MENARD Joséphine .
Ces parents se sont marié dans la même commune le 23/1/1822 ( acte 2 vue 493 > https://agatha.arch.be/data/images/527/527_9999_999_1386014_000/0_0500 )
Cordialement Ludovic
Bonsoir,
Merci Ludovic pour ces compléments d’informations. La fiche DELHAYE Benoît a été mise à jour avec vos données.
Dominic