Courrier de la Gironde
9 janvier 1871 page 3
ACCIDENT DU CHEMIN DE FER D’ORLÉANS.
La Compagnie du chemin de fer d’Orléans nous communique la note ci-dessous :
Ce matin, à 1 heure 50, un train spécial de voyageurs et de troupes a heurté, entre La Grave-d’Ambarès et Lormont, l’arrière d’un train de marchandises venant de Bordeaux.
Trois personnes ont été tuées : Chalu, [Louis CHALUT]graisseur, du train spécial ; Dupouy, [Amédé Arthur DUPOUY-LAUGA]bijoutier ; X…[Edourd SEGUY], mercier.
Treize personnes, dont dix paraissent n’être atteintes que légèrement, sont blessées ou contusionnées, savoir : MM. Serres, brasseur à La Bastide. Charbonnel, de Bergerac. Criès, officier d’ordonnance du général Morandy. Vignet (François), agent de commerce. Mme Colombet. Dignac. Mauriac, commandant de la garde nationale, légèrement atteint. Bosch, docteur en médecine, qui, bien que contusionné, a de suite donné des soins aux autres blessés. Pierre-Félix, de Périgueux. Lévêque, de Coupard. Champeval. Durquet.
Douze des blessés ont été ramenés à Bordeaux par des trains spéciaux et sont soignés à domicile ou à l’hôpital ; un seul est resté dans une maison voisine du lieu du choc.
Une enquête est ouverte sur les causes de cet accident.
Nous sommes en mesure d’affirmer, contrairement au bruit qui en a couru, que le personnel de l’ambulance conduite par M. le docteur Labat et ayant M. le docteur Marc Girard pour chirurgien-major ne s’est pas trouvé dans cette collision.
C’est donc à tort qu’on a effrayé les parents et les amis du personnel de cette ambulance, dont nous avons dans notre numéro d’hier annoncé le départ.

Courrier de la Gironde
10 janvier 1871 page 3
C’est dans la commune de Bassens que s’est produit le déplorable accident de chemin de fer dont nous avons parlé hier. Aussitôt qu’il en a été prévenu, M. le curé est accouru sur le lieu de la catastrophe, accompagné de son vicaire et d’un grand nombre de ses paroissiens, et s’est empressé de donner ses soins aux blessés.
L’un d’eux, le jeune militaire Durquet [Jean DURQUET], qui était dans un compartiment de première classe avec son lieutenant, a succombé ce matin à ses blessures. Son état n’avait pas permis qu’on le transportât à Bordeaux, et il est mort à Bassens.
Tout le monde, nous sommes heureux de le dire, a fait preuve à Bassens d’un zèle et d’un dévouement digne d’éloges.
