1863 – Sabotage de voie à Broons (22)


Le Petit Journal du 29 août 1863

Un autre accident est signalé sur un point éloigné, aux landes de Broons, ligne de Rennes à Brest. Voici comment il est raconté par le Publicateur des Côtes-du-Nord :

Dans la soirée du samedi 15, le train à la tête duquel se trouvait la locomotive la Gauloise se rendait à Rennes venant de Saint-Brieuc. Il était arrivé au lieu dit les Landes, lorsqu’au sortir d’une courbe qui fait en cet endroit la voie, on aperçut subitement un poteau télégraphique placé en travers sur les rails.
Il était alors entre sept heures et demie et huit heures du soir. Il fut impossible au mécanicien d’arrêter subitement le train.
Parvenue à l’obstacle, la machine, après l’avoir repoussé pendant quelques secondes, avait déraillé et était allée se jeter à droite de la ligne, entraînant avec elle une partie des wagons, dans un endroit où le remblai a 1 mètre 50 d’élévation.
Ceux qui montaient les wagons sont tombés les uns d’un côté, les autres de l’autre. Le mécanicien et le chauffeur ont miraculeusement échappé au danger.


Les deux malheureuses victimes de cet accident, retirées, écrasées de dessous les wagons, sont les nommés Julien CHEVILLARD , âgé de 48 ans, et François PISSOIS, (Pivois dans les journaux et Pissois à l’état-civil) âgé de 43 ans, tous deux terrassiers à Saint-Jouan-de-l’Isle.
Ils ont été inhumés le 16, à six heures du soir, à Broons.
M. le procureur impérial, M. le sous-préfet, M. le lieutenant de gendarmerie, qui s’étaient rendus sur les lieux à la première nouvelle de l’événement, ont conduit, avec les autorités locales et une nombreuse population, ces deux malheureuses victimes à leur dernière demeure.
La justice se livre sans interruption aux plus actives recherches pour découvrir l’auteur ou les auteurs de ce crime qui a eu de si funestes conséquences.
Ce déplorable événement n’est malheureusement pas la première circonstance dans laquelle se révèlent les dispositions malveillantes ou plutôt criminelles de quelques individus. Deux fois déjà, dans le voisinage d’Iffiniac, des coussinets ont été relevés de dessus la voie et placés à cheval sur les rails.

Concernant le patronyme PISSOIS/PIVOIS, l’acte de décès est “muet”, rien ne permet d’avoir une piste de recherche.
Si vous avez rencontré ce patronyme ou toute information, merci de partager.

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