Le Messager de Provence donne les détails suivants sur le funeste accident qui a eu lieu récemment sur le chemin de fer entre Saint-Raphaël et Cannes :
« L’administration avait envoyé une locomotive sur laquelle se trouvaient des employés supérieurs pour inspecter la ligne, et c’est en arrivant à une voie d’embranchement qu’elle a déraillé eu passant sur l’aiguille de conduite.
Un mécanicien en chef de résidence à Toulon [ André BARBIER ]a eu la tête coupée, un autre employé la cuisse cassée, deux autres sont blessés.
Ce malheureux événement a eu lieu dans un passage où la chaussée a plus de vingt-cinq mètres de profondeur et est absolument inaccessible par les côtés.
La locomotive en quittant la voie a franchi les bords de la chaussée et a roulé jusqu’aux trois quarts de sa pente en s’enfonçant profondément dans la terre.
Une chose incroyable a eu lieu dans ce sinistre et il n’appartient qu’à Dieu de l’ordonner ainsi. Au moment où la locomotive roulait furieuse dans l’abîme, écrasant, blessant ou lançant les hommes à 80 mètres de distance; au moment où tous les wagons allaient à leur tour se précipiter sur elle, et avec eux toutes les personnes du convoi; au moment enfin, où le sang de ces malheureux, était glacé d’effroi en présence de leur mort certaine… tous les wagons se sont arrêtés comme s’ils eussent obéi à un ordre providentiel.
La locomotive a disparu à leurs yeux, et, pendant quelques secondes, ils sont restés dans une anxiété extrême, ignorant encore le sort des hommes qui venaient d’être entraînés dans les profondeurs, et ils ont pu entendre le bruit sourd de la locomotive roulant sur la pente de la chaussée avec un fracas qui se mêlait tristement aux cris des blessés.
Dans ce moment suprême et au milieu du silence que leur imposait la terreur, ils ont tous adressé à Dieu une fervente prière pour le remercier d’avoir si miraculeusement préservé leurs jours. »
Le Petit Journal, édition du 21 avril 1863
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5881929/f2
Le copier/coller n’existait pas à l’époque, mais les quatre journaux que j’ai consulté on reproduit exactement le même texte, issu des informations du Messager de Provence.
