— Une dépêche télégraphique de Montpellier annonce qu’un grave accident est arrivé hier sur le chemin de fer de Montpellier à Cette. Le convoi parti de Montpellier à six heures du matin s’est jeté, à six heures un quart, un peu avant la station de Villeneuve, dans une gare-impasse et a été se heurter contre les wagons arrêtés dans cette gare. Le choc a fait briser les chaînes qui retenaient les voitures; elles ont été déraillées et sont allées culbuter hors du chemin élevé en remblai de 4 à 5 mètres. On a à déplorer la perte de trois victimes : ce sont les sieurs [Jean Henri Guillaume VILLARD ], conducteur du convoi, [Jacques TASSY ], plâtrier, et [Jean Paul Antoine SPOTORNO], entrepreneur. Quatre personnes ont été blessées, mais aucune n’est en danger.
La Réforme, édition du 30 juillet 1844
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k429656m/f1
Partie judiciaire :
Journal des débats politiques et littéraires, édition du 23 décembre 1844
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k446784v/f2
On écrit de Montpellier , le 16 décembre :
Le tribunal civil de Montpellier a statué, dans son audience d’hier, sur plusieurs demandes en dommages-intérêts formées contre l’administration du chemin de fer de Montpellier à Cette par les parents des diverses victimes ou par les victimes elles-mêmes de la catastrophe arrivée le 29 juillet dernier à ce chemin, et qui causa la mort de trois personnes et des blessures graves à un très grand nombre d’autres.
La mère du sieur TASSY, plâtrier, mort par l’effet de l’accident, réclamait une somme de 25,000 fr.; le tribunal lui a alloué celle de 6,000 fr.
La veuve du sieur VILLARD, conducteur au chemin de fer, qui a péri aussi dans la journée du 29, réclamait, tant pour elle que pour son jeune enfant ; une somme totale de 30,000 fr. Le tribunal a fixé l’entière indemnité à 12,000 fr, dont 6,000 fr. pour la veuve, et 6,000 fr. pour le fils; cette dernière somme ne devant être payée au jeune VILLARD qu’à l’époque de sa majorité, ou de son mariage s’il a lieu avant l’âge de vingt et un ans, avec l’intérêt à raison de 4 pour 100 l’an jusqu’alors. En cas de décès dudit VILLARD fils avant d’avoir pu recueillir ce capital, il demeurera acquis à la Compagnie du chemin de fer.
Un sieur CAMBON, chocolatier , assez grièvement blessé, réclamait une somme de 20,000 fr. ; il lui à été accordé 4,000 fr.
Un sieur MOLLE, agent de remplacement militaire , autre blessé, demandait 20,000 fr.; il lui a été alloué 3,000 fr.
Une femme TRIMON réclamait 5,000 fr.; 300 fr. lui ont été adjugés.
Un sieur BOISSE , médecin, qui demandait 3,000 fr., n’a obtenu que 250 fr.
Il reste encore à prononcer sur plus de vingt autres demandes de même nature.
