1836 – Accident de Givors (69)

RHONE. — Givors. — Encore un accident sur le chemin de fer de Saint-Étienne à Lyon, auprès de la station de Givors; un ouvrier, [M. Antoine LANGE] , occupé à débarrasser la voie de cadres et de wagons vides, pour donner passage à un convoi, a glissé sur la bande, sa tête a été aussitôt séparée du tronc par les wagons qui venaient derrière. Le pêle-mêle de chaque station contribue à ces funestes événements; ce qui les multiplie encore, c’est que les roues des wagons forment avec le rail un angle rentrant, vers le sommet duquel les objets, qui se rencontrent sur la bande de fer, sont entraînés par le mouvement de rotation, et puis broyés par le poids de la machine. Il serait facile de remédier à cet inconvénient; en armant la partie antérieure de chaque wagon, tête de convoi, d’un éperon en arc-boutant fixé aux essieux de devant et venant effleurer le rail sans le toucher, de manière à former un angle saillant dont le sommet serait situé en sens inverse de l’angle formé par le rail et le périmètre de la roue. Tous les objets qui se trouveraient sur le rail au moment du passage des wagons seraient rejetés en dehors de la voie ou poussés sur elle, et une même appareil pourrait chasser les pierres et corps durs qui font quelquefois sauter les wagons hors des rails.

La Presse, édition du 17 octobre 1836
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4268161/f3

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