1897 – Accident dans la courbe de Petit-Couronne (76)

Le Petit Troyen du 22 août 1897 page 2/6

Le Figaro du 22 août 1897
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2841136/f3
Déraillement
Rouen. — Entre Grand et Petit-Couronne, à cinquante mètres environ de cette dernière gare, après une forte courbe, un accident de chemin de fer s’est produit.
La machine du train express de Serquigny, arrivant à Rouen à midi cinquante-sept, a déraillé, culbutant au bord d’un talus très élevé et entraînant un wagon de seconde classe où se trouvait M. GUÉRET, notaire à Beaumont-le-Roger, qui a été tué sur le coup.
M. GUÉRET [Louis Gaston GUERET] allait rejoindre sa famille qui est au Tréport.
Une quinzaine d’autres voyageurs ont été contusionnés.
Ce déraillement a retardé de quelques minutes le voyage de M. MÉLINE, qui se rendait à Dieppe. Le président du Conseil s’est empressé de visiter les blessés qui descendaient à Rouen.
L’ingénieur en chef de l’exploitation de l’Ouest et plusieurs agents de son service se sont rendus immédiatement sur le lieu de l’accident.
La voie a pu être assez rapidement déblayée ; les trains suivants n’ont subi que peu de retard.
La station de Petit-Couronne est située sur la ligne de Rouen-Orléans et Elbeuf-Ville. Cette ligne appartenait à l’Etat et fut rachetée, il y a quatre ou cinq ans, par la Compagnie de l’Ouest.

La Gazette de France du 23 août 1897 page 3/4
Déraillement d’un express. — Rouen, 21 août.

L’express de Serquigny, arrivant à Rouen à 1 h. 36, a déraillé à la courbe du Petit-Couronne, à cinq cents mètres de la gare.
La machine et le tender ont roulé au fond du talus, profond de quatre mètres. La première voiture de 2e classe est en miettes. Par le plus grand des hasards les personnes qu’elle contenait ne sont que légèrement blessées.
M. GUÉRET, notaire à Beaumont-le-Roger, qui se trouvait dans la deuxième voiture de 1re classe, a été tué. La voiture a été projetée à une grande distance sur la voie.
Les trois autres voitures, fortement endommagées, sont couchées près du remblai. On prend des mesures pour qu’elles ne roulent pas au fond.
Le mécanicien a été projeté à quatre mètres devant la machine, au fond du remblai; il n’a que de légères blessures à la figure et aux bras.
Le chauffeur a été enseveli sous le charbon et les briquettes se trouvant sous le tender. Il a été blessé légèrement aux mains et au bras droit. L’un et l’autre se sont immédiatement portés au secours des blessés et les ont retirés des wagons.
Il y a eu un instant d’affolement et des cris déchirants poussés par les blessés, qui sont au nombre de quinze.
Voici les noms des victimes :

Tous les blessés ont été transportés en voiture dans les endroits qu’ils ont indiqués. Ils ont reçu les premiers soins des docteurs PERRIÉ, de Grand-Couronne, QUENTIN père et fils et DEBOUX.
M. GUÉRET qui a été tué, était marié et père de deux enfants. Il allait rejoindre sa famille au Tréport.
Son cadavre a été transporté au presbytère de Petit-Couronne.
On attribue l’accident à la trop grande vitesse du train.
Une enquête est ouverte.

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