1892 – Les traverses du pont de Maraussan fléchissent au passage du train.

Le Figaro du 23 août 1892
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2822676/f3

Une Catastrophe de Chemin de fer
(Par dépêche de notre Correspondant spécial)
Béziers, 22 août.
Hier soir dimanche, vers sept heures, un bruit funèbre se répandait dans notre ville : on disait que le pont du chemin de fer d’intérêt local entre Lignan et Maraussan venait de s’écrouler au passage du train parti de Béziers à 4 h. 30, et que ce train était tombé dans la rivière avec ses voyageurs, causant de nombreux morts et blessés.
Renseignements pris, le mal n’était pas tout à fait aussi grand qu’on l’avait dit tout d’abord : il s’agissait d’une traverse du pont qui, en fléchissant, avait provoqué un écartement de la voie et fait dérailler le train ; mais si les dégâts matériels n’étaient pas aussi considérables qu’on l’avait craint tout d’abord, il n’en était pas de même pour les infortunés voyageurs, qui furent cruellement éprouvés, d’autant plus que l’accident, survenu en pleine campagne et loin de toute habitation, n’a pas permis d’organiser les secours avec toute la rapidité désirable.
On compte une cinquantaine de victimes dont cinq morts.
Il est en outre à craindre qu’un certain nombre de blessés ne survivent pas aux contusions qu’ils ont reçues.
Le train auquel l’accident est arrivé était composé de deux wagons chargés de fourrages qui étaient placés en tête de cinq voitures de voyageurs. Parmi ces malheureux voyageurs, les uns étaient allés passer la journée à Béziers et rentraient chez eux ; les autres allaient à la fête de Maraussan, qui décidément joue de malheur, car l’on se rappelle que l’estrade du bal s’est écroulée l’année dernière dans cette commune et a causé des victimes.
Le pont de Lorbe [l’Orb]

se trouve à 800 mètres de la gare de Lignan. C’est au milieu de ce pont qu’une traverse s’est enlevée, alors la machine a déraillé, et en faisant quatre mètres seulement sur cette voie obstruée, les deux wagons à fourrages se sont brisés sur la machine et trois des voitures qui suivaient ont subi de fortes avaries. Ces wagons défoncés formaient sur le tablier du pont un amoncellement au milieu duquel il a fallu dans l’obscurité chercher les morts et les blessés.
C’était un spectacle lamentable, attristé encore par les cris de douleur des victimes. Les habitants de Lignan, de Maraussan, des citoyens de Béziers qui se trouvaient dans l’île de Tabarka ainsi que le personnel de la Compagnie ont rivalisé de dévouement pour organiser le déblaiement, mais l’on manquait de moyens pratiques pour aller vite et l’on a généralement trouvé que la Compagnie d’intérêt local avait été au-dessous de sa tâche dans cette circonstance ; car si pénible que soit l’épouvante, une Compagnie doit toujours être prête à parer aux accidents.
Quoi qu’il en soit, ce n’est que vers cinq heures et demie que morts et blessés ont pu être transportés vers l’hôpital de Béziers ou plusieurs médecins de la ville et des administrateurs de l’établissement s’étaient rendus avec un dévouement digne d’éloges.
Plus de mille personnes stationnaient devant la porte commentant avec animation l’accident et ses terribles conséquences. L’hôpital a reçu tout d’abord 4 morts et 9 blessés.
Le serre-frein du train, presque coupé en deux, est mort en arrivant à Béziers : son corps a passé la nuit à la gare et n’a été transporté à son domicile que ce matin. Sur les deux cents voyageurs que devait approximativement contenir le train, on comptait, à la dernière heure, quatre morts :

M. Eugène DÉCAMP, garde-frein [Eugène DECAMP]
MM. GUIBAUDAN, de Cazouls [Jean Joseph GIBAUDAN]
Joseph PRAISSAC, de Cazouls –> non trouvé à l’EC de Béziers
enfin un individu de 35 à 40 ans, au visage plein, au teint coloré et à la moustache châtain. Les cadavres sont à l’amphithéâtre de l’Hôtel-Dieu.
{{{ A priori c’est [Ernest MALATERRE] (enregistré inconnu à l’EC de Béziers, puis un jugement du tribunal a fait rectifier l’acte de décès.}}}
Un réfugié espagnol du nom de REXACHS non mentionné dans les journaux. [Joseph REXACHS]
Un nommé TEYCHENNE, pareil non vu dans les journaux. [Martin TEYCHENNE]

Concernant Joseph REXACHS, il est né en Espagne; je n’ai donc pas fait de recherches conformément à mon plan de travail, je donne toutes les informations que j’ai pu trouver.
N’hésitez pas à compléter. (Commentaires ou message – Merci)

Voici maintenant les noms de ceux qui ont été transportés chez eux, à Béziers :


Retour accueilImprimer la fiche

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut