1846 – Suites judiciaires de l’accident de Montpellier (34)

Je n’ai pas trouvé trace de l’accident à la date du 22 avril 1846, c’est donc par les suites judiciaires que l’on connaît cet accident.

Par contre pendant le procès il a été lu sa déposition qu’il a faite au magistrat chargé de l’enquête
Journal des débats politiques et littéraires, 27 juil. 1846, p. 3/4
Audience du 21 juillet 1846, sous la Présidence de M. GRASSET
Déclaration de M. AZEMA, juste après l’accident

– Le 22 avril dernier, j’étais avec Maillot sur le second wagon chargé de terre, lorsque la machine qui avait conduit le convoi des marchandises vint s’alimenter derrière nous. Nous l’entendîmes venir à distance, mais nous ne bougeâmes pas de place, supposant que, comme d’habitude, elle ralentirait sa marche avant d’arriver à nous. Il n’en fut rien malheureusement : la machine vint sur nous avec toute sa vitesse, et, la voyant s’approcher, je fis signe au mécanicien de s’arrêter ; il ne put y parvenir, et le choc fut tel que je fus jeté à terre et broyé. »
Répondant à diverses questions qui lui sont faites par le magistrat instructeur, il ajoute : « Je vis bien le machiniste faire une manœuvre pour arrêter, mais il ne put pas ; je ne lui vis faire aucun signe pour m’avertir de sauter. J’étais d’ailleurs mal placé pour cela ; j’aurais bien pu descendre du wagon si je n’avais pas cru qu’on ralentit la machine avant d’arriver à nous ; mais quand je vis que le choc allait avoir lieu, je n’eus plus le temps de sauter ; mes camarades qui avaient sauté avaient pu le faire plus facilement que moi, étant plus près du sol ; je n’ai pas entendu qu’ils m’aient crié d’en faire autant.



La Presse du 27 juillet 1846
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k430374c/f3


Homicide par imprudence. — Accident sur le chemin de fer de Cette.
— Le 22 avril dernier, un convoi de marchandises arrivait de Cette dans le débarcadère de Montpellier; la locomotive la “Jeanne-d’Arc”, qui avait remorqué ce convoi, après s’en être détaché, allait, sous la conduite du mécanicien FALGUEIRETTES et montée par le chauffeur JEAN-JEAN, s’alimenter au point de la voie accoutumé, lors qu’elle heurta de toute sa vitesse deux wagons chargés de terre et renversa l’ouvrier AZÉMA, [Jean AZEMA] qui eut les jambes broyées et succomba peu de temps après.
Une information judiciaire établit que cette locomotive avait, depuis la veille, son frein hors de service : en conséquence comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Montpellier les mécaniciens GARENQ et FALGUEIRETTES et le chauffeur JEAN-JEAN.
Le tribunal, reconnaissant les prévenus coupables, les a condamnés; savoir : FALGUEIRETTES, à quatre mois de prison et 50 francs d’amende; GARENQ et JEAN-JEAN, à 100 francs d’amende, et déclaré la compagnie civilement responsable.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut