Le Figaro, édition du 5 décembre 1876
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2761773/f2
ARRAS, 4 décembre. — Un accident a eu lieu ce matin sur la ligne de Doullens à Arras, entre Mondicourt et l’Arbret. Un déraillement s’est produit, la machine et le premier fourgon ont seuls été renversés. Le chauffeur et le mécanicien n’ont eu aucun mal; malheureusement le contrôleur et le conducteur qui se trouvaient dans le fourgon ont été lancés au dehors avec une telle violence, que le contrôleur a été tué sur le coup et le conducteur, jeté on ne sait comment sous la machine, a eu les deux jambes broyées. Aucun voyageur n’a été blessé.
La Petite Presse, du 7 décembre 1876
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4716572t/f3
L’ACCIDENT DE SAULTY-LARBRET
Le train partant de Doullens à huit heures cinq minutes, pour arriver à Arras à neuf heures treize minutes, a déraillé hier soir un peu avant d’arriver à la station de Saulty-Larbret. La locomotive a été jetée en travers de la voie, et le fourgon aux bagages est venu se briser contre elle, pendant que les waggons composant le train recevaient une effroyable secousse, mais restaient sur la voie.
Une catastrophe semblable pouvait avoir des conséquences terribles. Elles sont graves, mais bien moindres qu’il n’était permis de le craindre : un mort et trois ou quatre blessés, dont un seul en danger.
La victime est le contrôleur Bell [Dominique Louis Augustin BELE] , qui a été retrouvé sous la machine, affreusement défiguré. Le conducteur Amicot [Clovis Héliodore ANICOT] a été relevé avec une jambe fracturée un peu au-dessus du genou; quant au mécanicien et au chauffeur, ils ont été lancés sur la voie, et, par un bonheur providentiel, en sont quittes pour des contusions n’inspirant pas d’inquiétude.
La voiture de 3e classe, attelée après le fourgon, a été quelque peu enfoncée, mais elle ne renfermait personne. Aucun des voyageurs n’a été blessé; ils n’étaient, d’ailleurs, que quatre, plus le courrier des postes.
La Depêche du 8 décémbre 1876
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4107794p/f2
Déraillement.
Les journaux d’Arras, du 5 décembre, rapportent que le train partant de Doullens à 8 h. 05 minutes pour arriver à Arras à 9 h. 13 minutes, a déraillé, hier soir, un peu avant d’arriver à la station de Saulty-Larbret.
La locomotive a été jetée en travers de la voie et le fourgon aux bagages est venu se briser contre elle, pendant que les wagons, composant le train, recevaient une effroyable secousse, mais restaient sur la voie. Une catastrophe semblable pouvait avoir des conséquences terribles; elles sont graves, mais bien moindres qu’il n’était permis de le craindre: un mort et trois ou quatre blessés, dont un seul en danger.
La victime est le contrôleur Bell, qui a été retrouvé sous la machine, affreusement défiguré. Le conducteur, Anicot, a été relevé avec une jambe fracturée un peu au-dessous du genou; quant au mécanicien et au chauffeur, ils ont été lancés sur la voie, et, par un bonheur providentiel, ils en sont quittes pour des contusions qui n’inspirent pas d’inquiétude.
La voiture de 3e classe attelée après le fourgon a été quelque peu enfoncée, mais elle ne renfermait personne. Aucun des voyageurs n’a été blessé: ils n’étaient d’ailleurs que quatre, plus le courrier des postes.
Aussitôt la triste nouvelle arrivée à Arras, on organisa un train de secours qui se rendit immédiatement sur le lieu du sinistre avec l’inspecteur de la ligne, M. Spéry, chef de gare, et le docteur Biencourt, médecin de la Compagnie. Un train semblable était expédié de Doullens, et les blessés reçurent ainsi les premiers soins.
Un train les amena à Arras vers quatre heures du matin, avec les quatre voyageurs qui l’avaient échappé belle.
Le conducteur Anicot a été transporté à l’hôpital, où on lui a fait, ce matin, l’amputation de la cuisse.
Tout le personnel desservant cette petite ligne habite Arras. Anicot demeure au faubourg Gouville. C’est un ancien et excellent employé de la Compagnie, qui allait bientôt avoir sa retraite. Il a plusieurs enfants. Bell était célibataire et allait, dit-on, se marier prochainement. Il n’était ici que depuis quelques mois et appartenait auparavant à la gare d’Hazebrouck.
Un nouveau train de secours a été expédié ce matin avec le personnel et le matériel nécessaire pour déblayer la voie : il a emmené M. Mathias, ingénieur de la traction, et un autre ingénieur.
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