Cet accident qui est survenu le 29 novembre 1875, n’est connu que par son traitement judiciaire, je n’ai pas trouvé de journaux qui l’ont traité au moment des faits.
Le Temps du 22 octobre 1876
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k226699w/f3
TRIBUNAUX
Catastrophe de chemin de fer
Aiguilleur endormi responsabilité.
La cour de Montpellier vient de statuer sur une demande d’indemnité formée contre la compagnie de Lyon par Mme Wandenhaute, veuve d’un mécanicien qui trouva la mort le 29 novembre dernier, en conduisant un train de Carcassonne à Montpellier.
L’aiguilleur, qui devait ouvrir la voie principale, s’était endormi. L’aiguille n’étant pas tournée de manière à diriger le train sur la voie de Cette, mais étant au contraire rivée à une voie de garage, la machine s’engagea dans cette voie en cul-de-sac, vint butter contre le heurtoir en terre, l’emporta et tomba, en se renversant ainsi que son tender, d’une hauteur de 7 mètres 80 centimètres. La catastrophe fut horrible : l’eau bouillante et la vapeur inondèrent le mécanicien et le chauffeur, qui expirèrent après quelques jours d’atroces souffrances.
Wandenhaute [Pierre VANDENHAUTE] se conduisit d’une façon héroïque, courant malgré ses horribles brûlures, chercher du secours pour débarrasser son malheureux chauffeur [Denis Justin SOULET] , comme lui brûlé affreusement et enseveli sous un tas de briquettes.
La cour,
” Attendu qu’il résulte d’un jugement rendu par le tribunal correctionnel de Carcassonne, à la date du 10 décembre 1875, que la mort de Wandenhaute, mécanicien au service de la Compagnie des chemins de fer du Midi, a été causée par l’imprudence de Burniquel, aiguilleur, condamné pour ce fait à quatre mois de prison;
Attendu que ladite Compagnie ou ses agents ont commis certaines fautes qui engagent la responsabilité de la Compagnie;
Attendu que Burniquel avait été employé pendant quatorze nuits, par une température très rigoureuse, dans un poste exposé au froid, et qu’il avait demandé à être relevé de ce service;
Déclare la Compagnie responsable et la condamne à payer :
1° A la veuve Wendenhaute une somme capitale de 7,000 fr.;
2° A la même, une pension annuelle de 365 fr. payable de six en six mois et d’avance à partir du 29 novembre 1875;
3° A la même, en sa qualité de tutrice légale de ses deux enfants mineurs, une pension annuelle de 750 francs pour chaque enfant, payable de six en six mois et d’avance à partir du 29 novembre 1875; Dit que ces pensions cesseront au décès de chacun des crédits-rentiers ordonne que les rentes allouées aux enfants seront converties à leur majorité ou émancipation, ou à l’époque de leur établissement par mariage, en une somme capitale de 15,000 francs pour chacun, qui leur sera payée par la Compagnie;
Dit que la somme de 1,500 fr. déjà payée à la veuve par la Compagnie viendra en déduction de la somme capitale de 7,000 fr. qui lui est allouée;
condamne personnellement Burniquel à payer la somme de 1,000 fr., qui portera sur l’ensemble des condamnations ci-dessus prononcées, en déduction de celle-ci;
Déclare la Compagnie civilement responsable de cette condamnation; dit qu’entre les deux débiteurs solidaires, l’obligation de Burquinel ne portera que sur cette somme de 1,000 fr.; dit que sur la somme de 7,000 fr. accordée à la veuve, la Compagnie sera tenue de payer une somme de 2,000 fr. à titre de provision.”
L’orthographie du mécanicien est VANDENHAUTE
Concernant Pierre, ses racines sont belges, je n’ai donc pas fait de recherches conformément à mon plan de travail, je donne toutes les informations que j’ai pu trouver.
N’hésitez pas à compléter. (Commentaires ou message – Merci)
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