1879 – Sabotage sur la ligne Nancy-Xeuilley-Vézelise (54)

Présentation des faits

Dans la nuit du 3 au 4 août 1879, un train spécial composé de vingt-deux voitures et transportant plus de 600 voyageurs revenant des festivités à Nancy dérailla près de Xeuilley, sur la ligne de Nancy à Vézelise. Le train s’engagea subitement sur une voie de raccordement menant aux fours à chaux de MM. Weber et Nicot, au lieu de continuer sur la ligne principale. La locomotive percuta un buttoir, provoquant l’écrasement des wagons les uns sur les autres dans un fracas épouvantable.
L’accident s’est produit vers 1 h 50 du matin, et l’ampleur du drame fut accentuée par l’entassement des passagers, le train étant bondé à la suite des festivités en l’honneur de la statue de M. Thiers.

Bilan humain :


Adolphe HUSSON, 54 ans, adjoint au maire de Ceintrey — fracture du crâne et du bras droit.
Jean-Baptiste CHARRIERE dit Léonard, 60 ans, tisserand à Vézelise.
Crémel, [Joseph CREMEL]60 ans, cultivateur à Voinémont.
Augustine MARCHAL, 20 ans, de Vézelise — d’abord identifiée à tort comme Mlle Oudot.
P. Dertois, [Paul DELBOY]cuisinier à Mirecourt.
Edmond FLORENTIN, 25 ans, de Pierreville — décédé des suites de ses blessures quelques jours après

Ci-dessus 6 victimes ont bien été identifiées. Les 5 premières enregistrées à l’EC de Xeuilley et FLORENTIN à Pierreville.


 

J’ai cherché parmi les blessés, mais rien de probant; l’instituteur de Tantonville (SOUHAIT) est vivant en 1876 (normal) (voir recensement) et n’y est plus en 1883, un acte de décès en 1881 le donne ex-instituteur (a-t-il était “réformé” suite à l’accident et décédé de ses blessures ??)
HASSOUX, l’instituteur de Saint-Firmin et vivant en 1881, Nicolas SCHEUFFLER et sa femme Hortense TOUSSAINT aussi vivant en 1881 … Je ne sais pas trop quoi penser des informations des journaux.


Causes de l’accident :
L’enquête démontra rapidement qu’il ne s’agissait pas d’un accident, mais d’un acte de malveillance prémédité. Les dispositifs de sécurité (aiguilles) avaient été sciés, limés, et les clavettes retirées, permettant au train de dévier volontairement sur la voie de garage menant aux fours à chaux.
Des traces de lime et de limaille furent retrouvées, de même que les boulons arrachés et cadenas brisés. Les deux aiguilles de déviation avaient été soigneusement préparées, ce qui montre que le ou les auteurs connaissaient parfaitement les installations ferroviaires.

Pistes suivies par la justice :

Dès les jours suivants, l’enquête judiciaire identifie une piste de vengeance. Plusieurs indices orientent les soupçons vers deux anciens ouvriers des fours à chaux Weber et Nicot, dont l’un avait été aiguilleur à la compagnie de chemin de fer avant d’en être renvoyé pour inconduite.
La piste la plus sérieuse mène à un certain C., ancien employé des deux entités, dont l’arrestation fut annoncée le 12 août.
L’idée d’un sabotage ciblé contre la Compagnie de l’Est ou contre MM. Weber et Nicot fut envisagée dans les premiers jours. Plusieurs témoins rapportèrent avoir vu des individus rôdant près de la voie ou accroupis dans une prairie la veille du drame.


Pour les spécialistes de cette région, merci de m’aider à compléter ou de donner des pistes de recherches.

Liste des journaux consultés :

Le National, édition du 7 août 1879
Le Courrier du Pas-de-Calais, édition 7 août 1879
Le Mémorial des Vosges, édition du 17 août 1879
La Charente, édition du 8 août 1879
La Marseillaise, édition du 8 août 1879
Le Petit Caporal, édition du 09 Août 1879
Courrier d’Eure et Loir, édition du 10 août 1879, en page 4
Journal de la ville de Saint-Quentin, édition du 10 août 1879
Journal de Toulouse, édition du 12 août 1879
Le Petit Journal, édition du 12 août 1879


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