L’accident est signalé, sur le site Wikpédia, être arrivé le 10 novembre 1862, cette date doit être corrigée, car le chauffeur BONNEAU est inscrit décédé à l’état-civil de Moulins à la date du 9 novembre. L’accident a dû se produire dans la nuit du 8 au 9 novembre. Le décès a été signalé le 10 à 10 heures du matin.
L’accident a eu lieu au Pont de la Rigolée à Avermes (03)
La Presse du 15 novembre 1862
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k479611j/f2
Cet article de journal décrit en détail un accident survenu sur la ligne de chemin de fer entre Moulins et Villeneuve, en 1862, impliquant l’explosion de la chaudière d’une locomotive de train de marchandises, l’effondrement d’un pont, le déraillement et la destruction de plusieurs wagons, ainsi que le décès du mécanicien et les blessures graves d’autres membres du personnel.
Le texte transcrit du Journal de la Nièvre
Nous avons annoncé hier qu’un accident avait eu lieu sur le chemin de fer du Bourbonnais, entre Villeneuve et Moulins. Le Journal de la Nièvre publie sur ce déplorable événement les détails suivants :
« Un train de marchandises, venant de quitter la gare de Moulins, s’engageait sous un pont, près le poteau kilométrique n° 409, lorsque tout à coup a retenti une formidable explosion. Au même instant, le pont s’écroulait et les wagons vinrent se précipiter sur les débris, tandis que la locomotive, séparée de son tender, allait s’échouer à cent mètres plus loin, après avoir déraillé et s’être renversée sur le côté. Mais elle n’avait plus de conducteurs ! La chaudière venait d’éclater. Le mécanicien, broyé par morceaux, avait disparu sous les décombres ; le chauffeur et le chef de train gisaient sur le sol grièvement blessés ; seuls, le serre-frein et un autre employé étaient sains et saufs.
Au premier signal d’alarme, des secours furent envoyés de Moulins, où les deux blessés furent transportés en toute hâte et placés à l’hospice.
Vers quatre heures du matin, un train spécial expédié de Nevers amena sur les lieux un grand nombre d’ouvriers, qui se mirent à l’œuvre pour déblayer la voie.
Six wagons avaient déraillé ; les débris du pont barraient le chemin. C’est en les enlevant qu’on trouva par lambeaux le corps du malheureux mécanicien. »
Extrait du Messager de l’Allier
De son côté, le Messager de l’Allier rapporte le fait.
Un très-grave accident est arrivé, lundi, 10 novembre, à 11 heures 45 du soir, sur le chemin de fer de Paris à Lyon, entre Moulins et Villeneuve, au pont du Rigolet. Le train de marchandises n° 810 venait de quitter la gare de Moulins et allait s’engager sous le pont, lorsque la machine a fait explosion avec une détonation épouvantable. Les neuf wagons qui étaient à la suite ont été brisés et le tablier du pont a sauté en l’air. Des cinq employés de la compagnie qui se trouvaient sur le train, deux sont restés sains et saufs ; mais le mécanicien a été tué et le chauffeur est dans un état désespéré. Quant au chef du train, il avait été jeté sous les wagons comme ses malheureux compagnons, et il a eu un côté de la figure brûlé par l’eau bouillante ; cependant son état est assez bon pour ne pas inspirer de craintes. M. le commissaire de surveillance administrative et M. le chef de gare l’ont fait transporter dans la maison du garde-barrière où il reçoit les soins de M. le docteur Petit. Le chauffeur a été conduit à l’hôpital Saint-Joseph de Moulins. M. le Préfet de l’Allier, M. le Procureur Impérial et M. le juge d’instruction de Moulins, ainsi que M. l’ingénieur de la compagnie et le sous-chef de traction se sont rendus sur les lieux aussitôt qu’ils ont été avisés de l’accident. La cause de l’explosion de la machine n’est pas encore connue à l’heure où nous écrivons.
La communication étant empêchée par les débris des wagons et du pont, les convois du matin ont dû s’arrêter sur le lieu du sinistre, où un service de transbordement a été organisé. Un grand nombre d’ouvriers sont occupés, les uns à déblayer, les autres à réparer la voie. On espère que le travail sera fini ce soir et que la marche des trains pourra reprendre son cours normal.
(Messager de l’Allier.)
Le mécanicien se nommait Louis REUDION, il avait 26 ans et son chauffeur était Charles BONNEAU, 34 ans, tous les deux mariés.
