Le train mixte qui part d’Autun pour Étang à midi 45 minutes a déraillé mercredi à trois kilomètres environ au-delà de Brion. Le mécanicien a été tué. Ce malheureux, qui s’appelait [François Jean Baptiste Alfred] PELLISSIER, était marié et, nous assure-t-on, père de cinq enfants. Son corps a été pris entre la machine et le tender : quand on l’a dégagé, on a constaté qu’il avait une jambe coupée.
Le chauffeur a été lancé par le choc à plusieurs mètres de distance: dans sa chute, il s’est fait une large blessure à la tête et plusieurs fortes contusions sur le corps. Le chef de train a également eu quelques blessures, mais elles sont sans aucune gravité. Tous les deux, d’ailleurs, ont pu se rendre à pied à la gare de Brion.
Les voyageurs, qui étaient fort peu nombreux, ne se sont pour la plupart aperçu de l’accident que lorsque tout danger avait disparu; aucun d’eux n’a été atteint. Quant au matériel, il a été fortement endommagé. La machine, le tender et le fourgon de tête sont complètement brisés. Trois wagons de voyageurs ont été renversés, et ceux qui les occupaient ont dû, pour sortir, passer par les carreaux des portières.
Le train de 3 h. 45 a seul été supprimé hier soir; mais pour les autres trains il a fallu opérer le transbordement des voyageurs.
La cause de l’accident n’est pas encore bien connue. Cependant toutes les informations que nous avons recueillies, dit l’Echo de Saône-et-Loire à qui nous empruntons le fait, rendent assez vraisemblable l’explication suivante : “Le train avait un retard de 10 minutes. Le mécanicien, à la charge duquel le retard devait être porté, aura voulu regagner ce temps. Il aura dès lors extrêmement accéléré la marche du train, et c’est cette vitesse démesurée qui a causé la rupture d’un bandage de roue de tender, bandage qui a été lancé dans le talus à environ vingt mètres”.
Le Courrier de Saône et Loire, édition du 25 janvier 1873
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4380439z/f2
