1899 – Déraillement sur la ligne en construction de La Loupe à Brou

Le Matin, du 13 juillet 1899
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k557865k/f5



Le Phare des Charentes, 12 juillet 1899 page 4/4
Accident de chemin de fer.
On mande de Nogent-le-Rotrou, 12 juillet :
Un train de ballast de vingt-cinq wagons a déraillé sur la ligne en construction de La Loupe à Brou, sur la commune de Fretigny. Cet accident est dû à l’imprudence du chauffeur MATRAS, qui marchait à une trop vive allure. Les attelages se sont rompus après la deuxième voiture, et les voitures suivantes ont été précipitées dans un remblai.
Quatre serre-freins ont été victimes de cet accident : 
1° Emile FANCHON, [Emile  FAUCHERON] trente-deux ans, qui a eu une jambe coupée et qui est mort durant son transport à l’hôpital ;

2° Albert HODIC, [Albert Valentin ODIC] seize ans, qui a été enseveli sous les décombres et a été retiré complètement asphyxié ; 
3° Thomas JOSEPH, dix-huit ans, qui a une jambe brisée ; 
4° enfin Auguste LECURIE, trente ans, que des contusions.


UN DÉRAILLEMENT
Sur la ligne en construction de La Loupe à Brou
Vingt-quatre wagons de broyés. — Deux morts. — Deux blessés.


Lundi, vers 4 heures 1/2 du soir, un terrible accident s’est produit sur la ligne en construction de La Loupe à Brou, à 4 kilomètres environ de Thiron-Gardais.
Un train de ballast composé de 25 wagons chargés et lancé à une assez grande vitesse a déraillé au kilomètre 13.4, entre le vieux Landon et le moulin de la Perrière, commune de Frétigny, à un endroit où la voie présente une déclivité de 0 m. 0175.
Les attelages se sont rompus après le 2e wagon et les voitures suivantes, poussées par la force acquise, montèrent les unes sur les autres, se renversant, blessant et ensevelissant les quatre serre-freins qui n’eurent pas le temps de descendre des wagons.
On releva d’abord l’un d’eux, Auguste LECURU, âgé de 30 ans, demeurant à La Loupe, qui n’avait que des contusions sans gravité, mais il n’en était pas de même des trois autres.
Joseph THOMAS, 19 ans, demeurant à La Loupe, avait une jambe brisée. Il fut conduit à l’hôpital de Thiron où il reçut les soins de M. le docteur MARGOULIEFF.
Le troisième serre-frein, Émile FANCHON, âgé de 37 ans, domicilié à La Loupe, avait les deux jambes coupées ; il expira pendant son transport à l’hôpital.
Enfin, la quatrième victime, Albert HODIC, 16 ans, demeurant chez ses parents, à Vauplon, ne fut pas découverte immédiatement.
Le malheureux HODIC était enseveli sous les wagons et il avait au moins vingt mètres de sable sur lui. On le rechercha longtemps.
Toute la population de Frétigny était accourue pour porter secours ; la brigade de gendarmerie de Champrond-en-Gâtine passa la nuit à surveiller le déblaiement nécessaire pour découvrir le corps du jeune HODIC qui ne fut retrouvé que le lendemain, à neuf heures et demie du matin.
Tout le matériel qui appartient à M. FAGAT, entrepreneur de travaux de ballast à La Loupe, est complètement brisé et les rails de la voie sont tordus sur une longueur de plus de cent mètres. Les travaux de déblaiement durèrent plus de 15 jours.
Mercredi matin, une dizaine de wagons étaient encore enchevêtrés les uns dans les autres.
Les dégâts sont évalués à une quarantaine de mille francs.
Les morts et blessés sont tous quatre célibataires.
Mardi matin, M. le sous-préfet, M. ROSENFELD, procureur de la République, MM. MASSIET du BIERT, juge d’instruction, QUIETTIER, commis-greffier, DELORME, lieutenant de gendarmerie, se sont rendus sur les lieux où se trouvaient déjà MM. MASSOT, maire de Thiron-Gardais, GARNIER, juge de paix et son greffier, M. LORDEREAU, ingénieur en chef, l’ingénieur ordinaire de Nogent-le-Rotrou.
Le chauffeur autorisé, Eugène MATRAS, âgé de 40 ans, demeurant à Chartres, qui semble être l’auteur involontaire de cet accident, est désespéré ; il voulait se suicider.

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