1892 – Prise en écharpe au Landy, plaine de Saint-Denis (93)

La Presse du 25 février 1892
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k546572b/f3

L’ACCIDENT DU LANDIT

Nouveaux détails. — Les blessés. — Les disques
Voici quelques nouveaux détails sur le malheureux accident qui s’est produit lundi soir sur la ligne du Nord.
Comme nous l’avons déjà dit le train 99 bis, qui part de Paris à 7 h. 35, après avoir franchi le pont du Landy, a pris en écharpe un train de matériel vide.
Le train 99 bis est composé de nombreuses voitures; arrivé à Ermont, il se dédouble : tandis que la première moitié du train continue sa route vers Pontoise, l’autre moitié, attachée à une nouvelle machine, prend la ligne de Valmondois.
La violence du choc fut telle que la machine du train 99 bis fut projetée hors des rails et renversée sur la voie descendante. Le fourgon qui se trouve après la machine, sous l’impulsion des autres wagons, se dressa tout droit et retomba en se brisant sur le tender de la locomotive. Les deux premiers wagons du train 99 bis furent littéralement broyés; quant aux autres voitures, elles subirent un tel choc que toutes les vitres des portières volèrent en éclats.
La machine du train de matériel vide n’a pas été atteinte, mais le fourgon d’avant et les deux voitures suivantes furent broyées. On s’aperçut tout à coup que le feu avait été communiqué aux débris accumulés par le foyer de la machine renversée, et les flammes auraient certainement, en peu de temps, brûlé les autres voitures, sans les prompts secours des pompiers de Saint-Denis et de la Garenne et des ouvriers des ateliers du Landy.
La gare du Nord, prévenue de l’accident, envoya un train de secours, dans lequel avaient pris place les internes de l’hôpital Lariboisière.
Quinze personnes, toutes plus ou moins grièvement blessées, se trouvaient sur les débris des wagons.
La plupart de ces blessés furent ramenés par le tramway de Saint-Denis.
Le corps du mécanicien HAGUENAUER, [Aloyse HAEGUENAUER] du train 99 bis, était sous la machine.
Ce malheureux avait été tué sur le coup.

Quant au chauffeur SCHEFFER, qui avait voulu sauter sur la voie, il a eu les deux jambes broyées entre les barreaux de la galerie de la plate-forme de la machine.
Il résulte des premières constatations faites que l’accident est dû à l’inobservation des signaux.
Tous les disques étaient à l’arrêt et le mécanicien a passé outre.
L’aiguilleur de la cabine n° 10, qui a laisser passer ce train, a déclaré qu’au moment de l’arrivée du train 99 bis, un train de voyageurs en station sur la voie descendante lui cachait le train de matériel vide; il a cru, a-t-il ajouté, qu’une seule locomotive circulait sur la voie, et non pas un train de matériel.
Persuadé que cette machine aurait le temps de passer avant l’arrivée du train 99 bis, il a laissé la voie libre à ce dernier, et la collision s’est produite.

Premières constations :

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