1886 – La montagne s’écroule au passage du train 429 à Sistéron (04)

Dessin paru dans le journal : Le Progrès de la Somme, 28 novembre 1886, page 6/8


Le Temps 14 novembre 1886
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k231214v/f2

Sisteron, 12 novembre, 6 heures soir.
Une partie de la montagne de Mongerves s’est effondrée au moment du passage du train 429 venant de Marseille. L’éboulement a couvert la voie ferrée d’un amas de près de 300 000 mètres cubes de terre.
La machine a été renversée, une voiture de 1re classe a été brisée.
L’accident est survenu à deux kilomètres de Sisteron, entre cette gare et celle de Peipin, vers 11 heures 50.
Il y a eu immédiatement trois morts : le mécanicien, nommé MATABON ; un ouvrier du télégraphe à Marseille, nommé ETIENNE, et une femme voyageant en 3e, dont l’identité n’est pas encore établie, et une vingtaine de blessés, dont huit très grièvement. Les autres ont de fortes contusions.
La population de Sisteron et des villages voisins s’est rendue tout entière sur le lieu de l’accident. On a immédiatement organisé les secours.
Aussitôt la catastrophe connue, on envoya des secours de Sisteron, tandis que l’on prévenait le préfet à Digne. Il partit avec un médecin par train spécial.
On déblaya le plus rapidement possible les wagons et la machine.
L’infortuné mécanicien fut retrouvé la tête broyée sur la droite de la machine.
Une circonstance fortuite a empêché ce malheur d’être beaucoup plus grave encore.
Le train 446, qui devient 429 à Pertuis, part habituellement à 5 heures 28 de Marseille ; mais, depuis la rupture de la ligne de Gardanne, aucun train de Rognac ne correspondant plus, il part avec beaucoup moins de voyageurs.
De Pertuis on envoya une machine de secours à Sisteron.
Un train spécial arriva à Digne, à sept heures du soir, ramenant douze blessés, qui furent aussitôt admis à l’hôpital.
La population, déjà effrayée par les inondations, est consternée.
L’ingénieur en chef est à Sisteron.
Voici les noms de onze blessés :
BRUN Marius, conducteur‑chef, grièvement blessé ;
OLLIVIER, conducteur, blessé ;
LAFONT, chauffeur, grièvement blessé ;
SAP, du Plan‑des‑Mées, près Digne ;
RAMBAUD, soldat du 61e, à Toulon ;
TOUMAN, né à Eussard ;
LIOTAUD (Léon), d’Embrun ;
BONMIL (Ferdinand) et GUES, employés des télégraphes à Marseille ;
ROLLAND (Louis), cafetier à Valonne, et
Le CORDEAC, de Mens.
Comme je vous l’ai dit, trois de ces blessés sont morts dans l’après‑midi.
La route nationale et le télégraphe ont été coupés par l’éboulement.
Sa position laisse supposer qu’il a vu l’éboulement commencer, mais qu’il a été impuissant à arrêter son train. La machine était enfoncée dans les terres.
Dans la soirée, à cinq heures, un nouvel éboulement s’est produit, sans causer, toutefois, aucun accident.
Trois autres blessés ont succombé depuis midi, ce qui porte le nombre des morts à 6.
Le mécanicien se nommait MATABON ; il était âgé de vingt‑huit ans et sortait de l’École des arts et métiers ; il devait quitter bientôt la Compagnie. Son frère est banquier à Pertuis ; son cadavre est presque coupé en deux.

A ce jour et d’après mes recherches il n’y a que 4 victimes identifiées

Le Petite Troyen du 16 novembre 1886 page 2/4
Albert Jules MATABON
Etienne BOUTERIN
Henriette Baptistine ANDRÉ


Le Temps 15 novembre 1886 page 2/4
Marius BRUN (non trouvé àl’EC de Sistéron)

Dans la coupure du journal ci-dessous il est écrit que l’état du chef de train est satisfaisante …


Le Petit Journal, 16 novembre 1886 page 3/4
Jules Ferdinand RAMBAUD


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