1881 – Collision entre deux trains en gare de Mézy-Moulins

La Presse du 12 janvier 1881
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5435672/f3

L’ACCIDENT DU CHEMIN DE FER DE L’EST

Le train direct n° 32, partant d’Epernay à 3 heures 22, contenant les voyageurs de Reims et des Ardennes, passait à 3. heures 50 à la station de Mézy où il ne s’arrête pas et marchait à sa vitesse réglementaire soixante kilomètres à l’heure quand il rencontra dans cette dernière gare un train de marchandises qui était en manœuvre.
Le choc fut épouvantable. Les derniers wagons du convoi de marchandises furent broyés; le chauffeur et le mécanicien furent lancés sur la voie par le contre-coup; ils ne se firent heureusement que des contusions.
Il n’en a pas été malheureusement de même des employés du train direct. Le chef du train a été tué sur le coup; le mécanicien a reçu des blessures excessivement graves. Quant au malheureux chauffeur, renversé sous sa locomotive, il a été littéralement bouilli par les jets de vapeur.
Quand on l’a retiré, son aspect était horrible, la chair s’enlevait par lambeaux.
Le wagon poste n’existe plus. Il est en menus morceaux. Les dépêches ont été projetées de tous côtés. Les deux employés ont été sérieusement blessés.
Parmi les voyageurs, on n’en connaît aucun ayant des blessures graves. Une dizaine seulement ont des contusions.
On a immédiatement envoyé un train de secours pour déblayer la voie. Pendant toute la soirée de dimanche, les trains partant de Paris n’ont pu dépasser Mézy. Ils y déposaient leurs voyageurs et ramenaient ceux qui arrivaient par les trains de l’autre côté.
A deux heures du matin seulement, le service a pu être repris.

Le Pays, du 14 janvier 1881
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7389652x/f3

L’accident de Mézy.
Complétons les renseignements que nous avons donnés hier, en Dernière heure, sur cet accident.
L’accident est survenu à Mézy, station voisine de Château-Thierry, où se trouve l’embranchement de la ligne des Ardennes sur la ligne de Paris. Un train de marchandises venait de s’engager sur la voie montante pour faire passer des wagons sur la voie descendante. A ce moment arrivait, venant des Ardennes, le train n° 32, Le service du disque n’avait pas été fait et le mécanicien engagea le train sur la voie qu’il devait considérer comme libre.
Le train-poste de voyageurs prit en écharpe le train de marchandises. Une mêlée épouvantable eut lieu. Le chef de train et le chauffeur [Alfred Edouard BERTHELEMY] furent tués sur le coup. Le mécanicien eut le crâne fendu. La locomotive du train-poste se dressa d’abord toute droite, puis retomba renversée les six roues en l’air, sur le fourgon qui fut écrasé.
Le wagon des postes fut mis en pièces; deux employés qui s’y trouvaient, dont l’un est le nommé Mathieu, furent très grièvement blessés. On ne sait s’ils ont survécu à leurs blessures. Les wagons de voyageurs commencèrent alors à monter les uns sur les autres: ce fut une chose terrible. Immédiatement des secours furent demandés et arrivèrent en toute hâte de Paris.
Toutefois l’encombrement était tel que le train-poste, qui devait arriver à Nancy à 4 heures du matin, ne put arriver qu’à 1 heure de l’après-midi, et à partir de cette heure la voie s’est trouvée barrée et elle n’est pas encore déblayée à l’heure présente. Le service se fait au moyen du transbordement sur place et les manœuvres régulières reprennent à partir d’Épernay.
L’un des morts, le chef de train M. Pétri [Charles François PETRY]est le frère d’une personne de Nancy, qui en a été immédiatement informée.
Les wagons ont souffert, mais il n’y a pas de mort parmi les voyageurs. On compte seulement cinq personnes blessées ou plus ou moins contusionnées.
Le mécanicien a l’os du crâne fendu, mais il survit à ses blessures.
Les trains circulent sur voie unique entre Château-Thierry et Varennes. On pense que le service ordinaire ne tardera pas à être repris.

Le 16 janvier 1881, le Mémorial des Vosges, publie un article, dont la liste des blessés [… Extrait]
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7389652x/f3
Blessés:
HOSSEMLIOP (Eugène), 42 ans, mécanicien du train nº 32, blessé grièvement à la tête.
COMTE (Louis), employé des postes, demeurant à Paris, âgé de 34 ans, contusions légères à l’épaule.
TRÉCHOT, âgé de 20 ans, employé des postes, demeurant à Paris, blessé fortement à l’œil gauche.
SENIKUENT, âgé de 40 ans, demeurant à Paris, blessé au côté droit.
MOREAU (Victor), 28 ans, vérificateur des poids et mesures, demeurant à Paris, blessures à la jambe droite, au côté droit et à la tête.
VANDEVELVE, âgé de 16 ans, graveur, demeurant à Paris, fortement blessé à l’épaule gauche et au côté.
Trois autres blessés ont été transportés immédiatement à Château-Thierry et nous ignorons leurs noms.

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