Le Progrès de Lyon
7 septembre 1867
Le tribunal de Mâcon, présidé par M. Aimé Le Duc, a jugé avant-hier l’affaire du chemin de fer, accident de Saint-Albain.
M. Noblesse, procureur impérial, occupait le siège du ministère public.
Cinq prévenus : Varenne, brigadier poseur ; Billandon, piqueur ; Monin, ouvrier poseur auxiliaire ; Guichard, Meunier, gardes de nuit. Ils sont défendus par MMes Siraudin, Saclier, Pinier, Lutaux.
La compagnie du chemin de fer a été assignée comme civilement responsable.
Après l’appel des témoins, M. le procureur impérial fait l’exposé des faits qui ont donné lieu aux poursuites. M. le président a interrogé successivement les témoins.
Varenne a été condamné à un an d’emprisonnement, Billandon à deux mois, Guichard à un mois, Meunier à deux mois, Monin à quinze jours.
La compagnie, défendue par Me Maritain, secrétaire de Me Jules Favre, a été condamnée comme civilement responsable aux frais envers le Trésor.
Le Progrès Libéral (Toulouse)
19 août 1868
Le tribunal civil de Marseille vient de s’occuper une seconde fois de l’action intentée par M. Salomon père, courtier à la Compagnie du chemin de fer de Lyon, pour une blessure reçue dans l’accident de Saint-Albain.
En principe, le tribunal avait nommé trois experts, docteurs-médecins, à l’effet de constater l’état de la blessure de M. Salomon père, et la probabilité de sa guérison.
Cette fois, l’avocat de M. Salomon, Me Drogoul père, a donné lecture du rapport des trois médecins commis par la justice, MM. Coste, Roberty et Bernard. Ce rapport constate la persistance du gonflement et de la douleur au pied droit de M. Salomon, à l’insertion du tendon d’Achille et du calcanéum ; de plus, il établit que M. Salomon aurait longtemps à souffrir encore de sa blessure.
Le tribunal, vu la position qu’occupait M. Salomon et qu’il est obligé d’abandonner, a condamné la Compagnie de Lyon à lui compter à titre d’indemnité, une somme de 70,000 francs.
