L’accident du Mont-Cenis, cité par Wikipédia, n’est pas à proprement parlé un accident de chemin de fer. En effet cet accident est arrivé en 1867, en plein travaux de construction de la ligne de Saint-Michel de Maurienne à Suse en Italie.
L’ouverture et le train Fell seront inaugurés le 15 juin 1868 et ce dernier ne fonctionnera que 3 ans, jusqu’au 19 septembre 1871.
La ligne était jalonnée de plusieurs gares, appelées stations, établies à La Praz, Modane, Bramans, Termingon, Lanslebourg, La Ramasse, le col / l’hospice du Mont-Cenis, Grand-Croix, Bar et Suse.
Il y aura 6 tunnels et 2 galeries de protection.
Je présenterai donc ici les accidents qui ont émaillé cette construction (pour coller au plus près de la liste de Wikipédia)

Journal de la Savoie
Édition du 19 août 1866
Un premier accident mortel, sur le chantier , est survenu le 16 août 1866 à Saint-Michel-de-Maurienne.
Jeudi dernier, dans l’après-midi, un ouvrier charpentier, [Jeannon Jean], âgé de 26 ans, né à Montoulieu (Ariège), est tombé accidentellement dans le torrent de l’Arcq, du pont de Lassaulce sur lequel il travaillait. A l’heure où nous avons reçu cette communication, le cadavre n’avait pas été retrouvé.
L’acte de décès non plus …
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Courrier des Alpes
Edition du 18 juillet 1867
« Avant-hier, un accident suivi de mort d’homme est arrivé dans le chantier du sieur Martinasse, entrepreneur du chemin de fer américain Fell. [ALLOTO Jean-Baptiste], âgé de trente ans, s’est trouvé pris sous un éboulement de terre et a eu l’épine dorsale brisée. Malgré les soins de M. le docteur Gravier, il est mort vers le milieu de la nuit suivante, pendant qu’on le transportait à l’hospice de Saint Jean de Maurienne.
Cet ouvrier était célibataire. »
Concernant Jean Baptiste, bien que né en France, ses racines sont italiennes, je n’ai donc pas fait de recherches conformément à mon plan de travail, je donne toutes les informations que j’ai pu trouver.
N’hésitez pas à compléter. (Commentaires ou message – Merci)

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Le Salut Public, journal de Lyon
Édition du 30 septembre 1867
Un troisième accident mortel a lieu entre août et septembre, lorsque cinq ouvriers travaillant à Bar Cenis et voulant redescendre à Suse, empruntent un wagonnet muni d’un frein simple et non d’un double agissant sur le rail central, plus efficace. À la descente, alors que le chariot prend une vitesse excessive, l’ouvrier chargé du freinage panique et libère davantage le frein. Le wagonnet finit par dérailler : on déplore un mort et deux blessés.
Un wagon sur lequel étaient trois hommes du chemin de fer Tell a été précipité dans un ravin d’une profondeur énorme.
Naturellement hommes et wagon ont disparu. La cause de cette catastrophe a été la négligence du conducteur qui, s’étant aperçu un peu tard peut-être du déraillement de sa machine, et voulant l’arrêter, s’est trompé et a ouvert, au contraire, le jeu du frein opposé.
Loin de s’arrêter, la machine s’est élancée alors avec une rapidité effrayante jusqu’à l’endroit où une courbe se présentant, elle a sauté hors du tracé pour se précipiter dans l’abîme.
Je n’ai trouvé aucune trace dans l’état-civil des communes de la vallée. (entre Saint-Michel et Novalaise)
Précisions concernant l’accident ci-dessus :
par une lettre, publiée dans le Petit Journal du 29 septembre 1867, de l’ingénieur Desbrière
Monsieur le directeur,
La plupart des journaux, en rendant compte de l’accident récemment arrivé sur les travaux de la partie italienne du chemin de fer du Mont-Cenis, ont donné sur les circonstances de cet accident des détails inexacts. On a parlé d’un wagon détaché d’un train, d’une machine qui aurait été hors d’état de fonctionner.
Nous devons tout d’abord faire connaître que l’ouverture de l’exploitation n’a pas encore eu lieu, et que depuis le train d’essai du 26 août, aucun train n’a circulé sur la ligne.
Voici, au surplus, comment l’accident s’est produit:
Une brigade de cinq ouvriers de l’entreprise Gianoli, travaillant dans le voisinage de la station de Bar, ayant à se transporter vers le bas de la ligne, se servit pour cela d’un wagonnet, sur lequel était montée une presse à cintrer les rails, et destiné uniquement au transport de cette presse; ils se laissèrent descendre sur la pente de 76 millimètres par mètre qui règne aux abords de la station. Le frein dont était muni le wagonnet n’agissait que sur les roues du véhicule; il n’y avait pas de frein du rail central.
L’un des ouvriers, chargé de modérer la vitesse à la descente, novice dans la manœuvre du frein, laissa prendre au véhicule une vitesse exagérée; essayant ensuite de la modérer, il perdit la tête et se mit à tourner la manivelle du frein dans le sens opposé au serrage des sabots. Un déraillement s’ensuivit qui occasionna la mort d’un ouvrier et des contusions sans gravité à deux autres; les deux derniers s’étaient jetés à bas du wagonnet avant le déraillement.
Il importe de remarquer 1° que cet accident est entièrement étranger à l’exploitation de la ligne et même au service de la Compagnie; 2° que le retour de faits pareils est rendu impossible sur les trains de la ligne qui ne descendent que machine en tête, et dont tous les véhicules sont munis, outre les freins ordinaires, d’un frein spécial à rail central : la puissance de ce frein permet d’arrêter les trains descendant à la vitesse de 12 kilomètres à l’heure, dans un parcours de 20 à 30 mètres, ainsi qu’on a pu le constater MM. Béhic et de Franqueville dans une expérience faite l’année dernière sur un train où ils avaient pris place.
Veuillez agréer, etc.
L’ingénieur de la Compagnie,
E. DESBRIÈRE.
Pour terminer,
Le Salut Public, No 348 du 14 décembre 1869
Le 2 décembre 1869, alors qu’une tempête fait rage au sommet du parcours, le conducteur-chef d’un train de marchandise oublie de resserrer le frein après une halte. Le train, composé d’une locomotive et deux ou trois wagons, déraille dans sa descente vers l’Italie aux environs de Novalaise et termine sa course dans un ravin : le chauffeur et un garde de nuit sont tués, un mécanicien grièvement blessé. Des modifications du système de frein sont effectuées et aucun autre accident ne sera à déplorer jusqu’à la fermeture de la ligne.
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