1881 – Un wagon errant, cause un accident mortel à Bondy


Le Courrier des Ardennes
25 mars 1881
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t52185452g/f2

L’accident du chemin de fer de l’Est.
Nous n’avons que peu de choses à ajouter aux renseignements que nous avons donnés hier sur l’accident de Bondy.
Quelques-uns de nos confrères assuraient hier matin que l’accident était dû à un écartement des rails.
Hier soir l’enquête (qui n’a pas été longue, du reste) démontrait que les causes étaient un wagon de marchandises vide qui n’avait pas été enrayé. Un coup de vent l’a poussé et a suivi la pente légère qui va de Bondy au Raincy.
Le train venant de Paris l’a rencontré, a déraillé et a été jeté sur la voie descendante au moment où arrivait le train de Meaux. Tout l’accident est là. A part la dame Joanne [Françoise Augustie GILLES] qui a succombé quelques heures après l’accident, aucun des autres blessés n’est nullement en danger.


Le Guetteur de Saint-Quention
27 mars 1881
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1853678f/f2


L’accident de Bondy
Un terrible accident de chemin de fer s’est produit, lundi soir, un peu après dix heures, sur la ligne de l’Est, à 200 mètres environ au-delà de la station de Bondy, par un double déraillement.
Le train de banlieue nº 73 venait de quitter la gare de Bondy quand il a rencontré, par une raison inexpliquée, mais qu’on attribue à la malveillance, un wagon vide sur la voie.
La machine ayant déraillé par suite du choc formidable qui se produisit, vint heurter celle du train de banlieue n° 70 qui venait an sens contraire, et un deuxième déraillement se produisit.
Une effroyable mêlée eut lieu, plusieurs wagons furent brisés et vingt-deux personnes, atteintes plus ou moins grièvement, gisaient au milieu des débris obstruant complètement la voie.
Des vingt-deux personnes blessées, vingt ont pu être transportées immédiatement à Paris par le train de secours formé aussitôt à la gare de l’Est et arrivé quelques instants après sur le lieu de l’accident.
Deux personnes plus grièvement atteintes ont reçu les premiers soins que nécessitait leur triste état dans l’une des salles de la gare de Bondy.
L’une des deux personnes grièvement blessées est morte mardi matin. C’est une femme qui se trouvait dans le train avec sa fille. Par un heureux hasard, cette dernière n’a pas été blessée.


Le Petit Parisien
31 mars 1881
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k471709b/f3

L’accident du chemin de fer de l’EST

L’ancien sous-inspecteur de la Compagnie de l’Est, dont nous avons publié une première communication au sujet de l’accident de Bondy, nous adresse une seconde lettre dont nous détachons les passages suivants :
Monsieur le rédacteur en chef, A propos du double accident de Bondy, plusieurs journaux ont essayé d’accréditer la nouvelle donnée par l’agence Havas, consistant à dire que le premier déraillement a été causé par la rencontre du train numéro 73 avec un wagon vide abandonné sur la voie. Le but de cette fausse nouvelle répandue officieusement est facile à deviner. L’enquête administrative et judiciaire va être entraînée à s’appuyer sur un fait inexact, mais nécessaire pour que quelques subalternes seuls soient traduits devant les tribunaux. …
On est dans l’impossibilité matérielle de produire le n° de ce wagon…
Comment ce wagon providentiel eût-il fait pour dérailler ?
Pas un souffle de vent favorable pour rompre sa force d’inertie !
Quand bien même une forte tempête se fût élevée, comment eût-il pu franchir l’aiguille qui donne accès à la voie principale, puisque cette aiguille est toujours fermée.
Mais un wagon « providentiel » n’est pas embarrassé pour si peu. Vient à rôder dans la gare un malfaiteur quelconque, voire même un ancien agent révoqué qui cherche sa vengeance…
On devine le reste. Cela suffit pour établir :
1° Que le deuxième accident est la conséquence du premier;
2° Que le premier est la conséquence naturelle d’un acte criminel étranger à la Compagnie;
3° Que la voie était en parfait état et que, bien loin d’être cause du déraillement, elle a, au contraire, été détériorée par l’effet du déraillement…
Recevez, etc. (Suit la signature.)


D’après ce dernier article, d’une personne qui connaît bien les chemins de fer de l’Est, il semble que l’accident ne soit “accidentel”, mais qu’une main malveillante est pu débloquer le wagon avec une intention de nuire.


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