L’Écho de la vallée de Bray du 9 janvier 1864
Accident du chemin de fer du Nord.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t513037007/f3
Mardi soir, à quatre heures quarante minutes, est arrivé un accident très grave sur le chemin de fer du Nord, à la station de Pierrefitte. Lire la suite
Deux trains se sont choqués. Le train de Lille, qui était en gare, avait sa machine détériorée ; le train d’Amiens, qui le suivait à dix minutes d’intervalle, est arrivé et a brisé les derniers wagons. Cinq personnes ont été tuées.
Le docteur Cahen, médecin de la compagnie, est parti immédiatement pour donner les premiers soins. D’un autre côté, le docteur Bauchet, chirurgien de la compagnie, ayant pour aides tous les internes de l’hôpital de Lariboisière, recevait les blessés à la gare, s’occupait des premiers pansements, faisait transporter à l’hôpital les plus grièvement blessés et accompagner les autres à leur domicile.
Le commissaire spécial de police du chemin de fer, accompagné du docteur Gauvin, se rendit sur le lieu du sinistre pour faire les constatations légales et commencer l’enquête. Déjà le chef du mouvement et les ingénieurs s’y trouvaient.
D’après de nouveaux renseignements, il paraît que la machine du train 16, arrivant de Bruxelles, ayant monté sur plusieurs wagons du train qui le précédait, a mis le feu à ces wagons et est restée à cheval sur le milieu du train. Quant à la locomotive du premier train, le choc a été si violent qu’elle a été détachée et lancée à deux kilomètres en avant, jusque près de Saint-Denis.
Voici d’autres renseignements qui sont communiqués par la compagnie du Nord à divers journaux :
« Le train omnibus de voyageurs n° 24, venant de Calais, qui devait arriver à Paris à quatre heures quinze minutes et avait perdu un peu de temps dans sa marche, ayant une bielle de sa machine cassée entre Gonesse et Pierrefitte, a continué sa route avec difficulté jusqu’à cette dernière station, où il s’est arrêté. Les signaux réglementaires ont été faits pour le couvrir. Mais, à ce moment, le train semi-direct n° 26, venant de Bruxelles, et qui, d’après son itinéraire, devait suivre le train n° 24 à trente-cinq minutes d’intervalle, est arrivé en vue de la station de Pierrefitte. Malgré les signaux d’arrêt, il est venu heurter violemment l’arrière du train précédent, dont il a brisé cinq voitures. »
« En voyant l’imminence du danger, un inspecteur du service avait fait ouvrir immédiatement les portières du train 24 et descendre le plus de personnes possible. Néanmoins cinq voyageurs de ce train ont été tués et dix-neuf blessés ou contusionnés plus ou moins grièvement. Quant aux voyageurs du train 26, ils n’ont éprouvé qu’une forte secousse et quelques contusions sans gravité. Tous les blessés ont été amenés à Paris dans la soirée. »

Le Journal anglais Galignani’s messenger, paraissant à Paris, a même consacré un insert dans son édition du 10 janvier 1864
Concernant le patronyme MUSSEUX, merci à toute personne qui pourra me mettre sur la voie de cette victime.
L’acte de décès ne nous apprend rien, j’ai vu par ailleurs l’orthographe MUSEUX, mais rien de probant …
*** Les suites judiciaires ***
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