Le journal La Presse (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k479893p/f2) en date du 26 août 1863, reprend les journaux du midi, qui donnent les détails de ce funeste accident arrivé à Tarascon, plus exactement sur la commune de Beaucaire au Pont de Charanconne, qui passe au-dessus du Rhône entre Beaucaire et Tarascon.
Le Messager du Midi — Lire la suite —
Un grave accident est survenu hier sur le chemin de fer entre Nîmes et Beaucaire. Le train express qui part de Montpellier à onze heures et demie du matin a déraillé sur la chaussée qui précède le viaduc du Rhône de Beaucaire à Tarascon. D’après une dépêche, cinq personnes auraient été tuées et une dizaine plus ou moins grièvement blessées.M. le recteur Donné et Mme Donné, qui étaient au nombre des voyageurs, ont reçu quelques contusions ; mais nous sommes heureux de pouvoir ajouter que leur état n’offre aucune gravité, et que l’un et l’autre ont pu être ramenés dès le soir même à Montpellier, circonstance qui doit rassurer leurs nombreux amis.Le service n’a subi qu’une courte interruption, et la voie était libre dès quatre heures du soir.Nous manquons encore de renseignements précis sur la cause de ce malheureux événement, auquel la malveillance ne serait pas étrangère, s’il fallait en croire la rumeur publique. Un obstacle placé sur les rails aurait rejeté hors de la voie la locomotive, qui serait tombée dans le fossé latéral à la route, entraînant avec elle les wagons.
Nous publierons demain les détails circonstanciés sur ce cruel accident, qui a jeté l’alarme au sein de nombreuses familles, et douloureusement ému la population.
La justice poursuit activement l’information.PS Au moment de mettre sous presse nous apprenons, de source certaine, qu’on a à déplorer la mort de cinq personnes, parmi lesquelles se trouvent le machiniste et le garde-frein.Il y a eu une douzaine d’autres personnes plus ou moins grièvement blessées.
Courrier du Gard — Lire la suite —
Le train express, partie de Nîmes pour Tarascon à midi 40 minutes, a éprouvé aujourd’hui dimanche un déraillement qui a eu les plus funestes conséquences. La machine, arrivée à la fin de la rampe qui cesse à une centaine de mètres du pont construit sur le canal, s’est soulevée sur les roues de devant qui ne sont plus retombées par les rails. Elle a parcouru dans le ballast environ 50 mètres et est venue heurter le parapet du pont. Là, elle s’est affaissée sur le côté, puis a roulé au bas du talus, entraînant à sa suite le fourgon à bagages et trois voitures. La rupture des chaînes a permis à une voiture contenant des voyageurs et à un fourgon à bagages de rester sur le haut du talus.
Cet accident a malheureusement coûté la vie à quelques personnes, et un certain nombre d’autres ont été plus ou moins gravement contusionnées.
Au nombre des morts se trouvent MM. VIGNOLI, mécanicien, et POUGET, garde-frein, plus quatre voyageurs dont nous ne connaissons pas encore exactement les noms.
Les blessés s’élèvent au nombre de 12, dont 5 ont été transportés à l’hôpital de Beaucaire ; les autres ont pu continuer leur voyage ou l’interrompre pour revenir chez eux.
Parmi les blessés se trouvent des employés de la Compagnie : le chauffeur de la machine et le contrôleur Hèbrard. Parmi les voyageurs blessés, aucun ne l’est grièvement, sauf un officier qui a eu une jambe fracturée.
À la première nouvelle de l’accident, M. le préfet du Gard, les autorités judiciaires et militaires et les employés supérieurs de la Compagnie se sont rendus sur les lieux. Une instruction se poursuit sur ce douloureux événement, et à l’heure où nous mettons sous presse, M. le procureur impérial et M. le juge d’instruction ne sont pas encore rentrés à Nîmes.Les causes de l’accident ne peuvent être encore déterminées avec précision, et ce n’est pas en ce moment que nous nous hasarderions à faire des conjectures. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que le mécanicien, qui a été la première victime de cette catastrophe, était un homme prudent, expérimenté, et qui, depuis dix-huit ans qu’il exerçait sa profession, n’avait jamais eu à se reprocher une seule fausse manœuvre.
Liste des victimes, dont une qui a été enregistré à l’état-civil de Beaucaire sans identité : inconnu de sexe masculin paraissant âgé de 40 ans, sans autre renseignement à son sujet ( Acte No 232 page 73/391).
- GIRARD François Marie Gustave
- RIGAIL de LASTOURS Antoine Paul Léonce
- HUILLET Auguste Louis
- Enregistré inconnu Enregistré inconnu à l’état-civil de Beaucaire
- POUGET César
- VIGNOLY Antoine

Le Progrès : journal de Lyon, politique, quotidien
en date du 31 août 1863
Retour accueilImprimer la fiche
