— Le Courrier de Saint-Quentin contient les détails suivants sur l’accident arrivé à la gare de Fresnoy :
Reproduit dans le Journal des débats du 31 décembre 1860 – https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k452567t/f2
« Mardi soir, il est tombé des quantités de neige comme on n’en avait pas vu depuis longues années dans notre pays, et il était à craindre qu’il n’en résultât de graves accidents. Les chemins avaient disparu. Les voies de fer étaient encombrées, et mardi, dans la nuit, il avait fallu employer la troupe pour les déblayer. Les trains qui devaient arriver à sept heures et à dix heures du soir à Saint-Quentin n’y sont parvenus qu’à cinq heures du matin.
Mercredi soir, la neige tombait encore, et vers minuit un horrible accident est arrivé à Fresnoy-le-Grand. Le train des voyageurs no 4, venant d’Erqueliines, était arrêté en gare depuis quarante-cinq minutes pour laisser le temps d’enlever les neiges nouvelles amoncelées dans les rails, lorsque le train des marchandises no 310, dont le conducteur n’avait pas aperçu les signaux, qui, dit-on, ne fonctionnaient pas bien, vint heurter le train no 4 et broyer les trois derniers wagons de 3e classe. Aux cris entendus, les voyageurs des autres wagons sautèrent sur la voie; mais le danger d’accident était loin d’être fini, le nombre des victimes n’était déjà que trop considérable.
Au moment où nous écrivons, on compte trois morts : un voyageur tué sur le coup ; un second, mort depuis à Fresnoy-le-Grand, et une femme qui, transportée à l’Hôtel-Dieu de Saint-Quentin, a succombé en arrivant ; elle avait les jambes mutilées et le crâne ouvert : elle se nomme Catherine-Françoise-Antoinette Foret, femme Charlot. Son mari, âgé de quarante-neuf ans, rentier à Paris, dont les jambes sont fracturées, est aussi à l’Hôtel-Dieu, ignore la mort de sa femme. D’autres blessés ont été également transportés à l’Hôtel-Dieu, à savoir :
- Le nommé Ponche, âgé de trente-neuf ans, valet de charrue, de Queant (Pas-de-Calais), contusions graves aux reins ;
- Le sieur Stevenoni, âgé de dix-sept ans, vitrier de Saint-Voi (Suisse), fracture de jambe ;
- Deux militaires ayant des contusions peu graves. L’un d’eux, le nommé Lambro, soldat aux guides, dont le congé est expiré, retournait à Compiègne : malgré ses contusions, il s’est signalé par les secours qu’il a portés aux blessés.
- Deux blessés sont aussi à l’hôtel du Cygne, dont l’un a la jambe écrasée.
- D’autres sont restés à Fresnoy-le-Grand.
Le maire, M. Leroy-Lecaisne, remplissant ses fonctions de préfet, a envoyé des médecins militaires des hospices sont allés visiter les blessés à l’Hôtel-Dieu.
Le procureur impérial, le juge d’instruction, le capitaine de gendarmerie se sont rendus à Fresnoy-le-Grand, où étaient aussi venus des administrateurs et des ingénieurs du chemin de fer du Nord, prévenus par le télégraphe.
Le nom des personnes ayant des blessures peu graves, qui reçoivent des soins ailleurs que dans notre ville, ne nous est pas connu. »
Information complémentaire :

Une cinquième victime donnée par le Journal des Débats du 25 janvier 1861.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k452591k/f2
Étude en cours pour découvrir les deux dernières victimes de cet accident
Les premières victimes :
