1875 – Le Journal de Saint-Jean-d’Angély en date du 11 novembre – page 3
Samedi dernier, 6 novembre, sur les huit heures du soir, le train 25 de la Compagnie des Charentes, allant de la Roche-sur-Yon à Coutras, a déraillé entre les gares d’Andilly et de Dompierre, par suite d’un choc entre un wagon à bestiaux, poussé par le vent, et descendu à cinq kilomètres de cette dernière gare, et le train chauffé à toute vapeur pour monter la rampe.
Par suite de ce choc, la machine, le tender et plusieurs voitures ont été cassés, et la locomotive jetée même dans un fossé.
Le chauffeur Sault [Dominique LASAOULT] , pris entre le tender et la locomotive, a été écrasé presque instantanément ; mais le mécanicien, projeté dans le sable du fossé, en a été quitte pour quelques égratignures au visage. Le wagon qui venait après le tender et qui contenait des bœufs, a été sérieusement atteint; plusieurs animaux ont péri.
Les voyageurs, peu nombreux d’ailleurs, et placés dans les dernières voitures, n’ont éprouvé aucun mal. La voie n’a été libre que fort tard dans la journée de dimanche, mais le service des voyageurs assuré par transbordements, n’a pas été interrompu.
Le corps du chauffeur Sault a été ramené à Saintes, le 7, par le train 49. Sault était célibataire.
Nous apprenons que, le lendemain de l’accident, la machine du même train 25 a déraillé en arrivant à Cavignac, à 25 kilomètres de Blaye (Gironde). Un rail venait d’être arraché par l’eau torrentielle tombée cette nuit-là même.
Il n’y a aucun dommage.
La Presse, édition du 17 novembre 1875
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k541709t/f4
Accident de chemin de fer.
Le train N° 25 du chemin de fer des Charentes, venant hier soir à huit heures de la Roche-sur-Yon, à rencontré, entre les stations d’Andilly, Saint-Ouen et Dampierre [Dompierre-sur-Mer], un wagon vide, arrivant de cette dernière station et poussé parle vent.
Par le choc, le wagon a été brisé. La locomotive du train n°25 a déraillé et à été lancée contre le remblai.
Le chauffeur à été complètement écrasé entre la locomotive et le tender. Quatre wagons ont été complètement brisés et les rails ont étés entièrement détériorés sur une étendue d’environ cinquante mètres.
Lancé à une assez grande distance et bien qu’étourdi par la chute, le mécanicien a eu la présence d’esprit de courir ouvrir le robinet de la vapeur, ce qui a empêché l’explosion de la chaudière et a évité de grands malheurs.
Trois bœufs ont été tués. Aucun voyageur n’a été blessé. Tous sont repartis par un train spécial de secours.
Les dégâts ont été promptement réparés, et le service à été repris ce matin.
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